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Le voile intégral pour les afghanes de nouveau exigé par les Talibans en Afghanistan

source image : tv5monde

Depuis leur retour au pouvoir en août dernier, les talibans n’ont jamais cessé d’imposer des mesures de restrictions de liberté aux femmes afghanes. À travers un décret présenté devant la presse à Kaboul ce samedi 7 mai, le chef suprême de l’Afghanistan, Haibatullah Akhundzada, a ordonné aux afghanes de porter un voile intégral dans l’espace public. 

Après qu’ils ont interdit aux femmes de prendre l’avion sans parent masculin et aussi fermé les écoles aux filles, les talibans ont récidivé, cette fois, avec des mesures encore plus contraignantes. Ce groupe paramilitaire qui avait accédé aux pouvoirs, mi-août 2021, exige à toutes les femmes qui empruntent l’espace public, de porter le voile intégral, ainsi appelé la burqa. 

« Les femmes qui ne sont ni trop jeunes ni trop vieilles devraient voiler leur visage, à l’exception de leurs yeux, selon les recommandations de la charia, afin d’éviter toute provocation quand elles rencontrent un homme » qui n’est pas un proche de leur famille, a indiqué le décret signé du chef du régime Akhundzada, tout en ajoutant qu’« elles devraient porter un tchadri [autre nom de la burqa], car c’est traditionnel et respectueux.» 

Par ailleurs, ce décret prévoit aussi des punitions à l’encontre des chefs de famille qui ne feraient pas respecter le port du voile intégral. Ceux qui auront violé ces mesures commettront des infractions pour lesquelles ils pourront encourir des peines d’emprisonnement. Quant à une employée gouvernementale, elle sera immédiatement licenciée en cas de refus de porter le voile intégral, a aussi indiqué à travers le décret. 

Peu après la publication de ce texte de loi, certaines afghanes qui se sont installées à l’étranger depuis la prise du pouvoir par le talibans ont clairement exprimé leurs frustrations face aux comportements de ce régime. « Nous sommes une nation brisée, forcée à endurer des assauts que nous ne pouvons pas comprendre. En tant que peuple, nous sommes écrasés », a écrit sur Twitter Muska Dastageer, ancienne professeure à l’Université américaine d’Afghanistan. 

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D’autres, tout étant restées au pays, ont aussi exprimé leur ras-le-bol face aux taliban, qui plus que jamais, leurs privent de presque tous leurs droits civils et politiques, quoique sous le couvert de l’anonymat. 

«L’islam n’a jamais recommandé le tchadri. Les taliban, au lieu d’être progressistes, retournent en arrière. Ils se comportent comme lors de leur premier régime, ce sont les mêmes qu’il y a vingt ans », a confié à l’AFP une militante des droits des femmes restée en Afghanistan. 

Durant les vingt dernières années d’occupation occidentale de l’Afghanistan de 2001 à 2021, les afghanes avaient acquis la liberté de retourner à l’école, de postuler à des emplois dans tous les secteurs d’activités, quoique le pays fût resté socialement conservateur. Depuis leur retour au pouvoir, les femmes ont été réprimander avec véhémence à chaque fois qu’elles ont essayé de faire valoir leurs droits. 

REDACTION : Jacky Chéry 

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Jacky Chery
Étudiant en Communication Sociale et en Sciences Juridiques à l'UEH, également Journaliste-redacteur à Netalkole Media. Un passionné de l'écriture et de la lecture.