MUSIQUE

L’industrie musicale haïtienne est partout, sauf en Haïti 

Samedi 2 Juin 2012 - Concert de Carimi (Photos image-reunion.re

L’industrie musicale haïtienne n’évolue plus en Haïti. Le quatrième art local étend ses membres partout à travers le monde, mais malheureusement les artistes aussi s’éloignent peu à peu de leur patrie. Les troubles socio-sécuritaires d’Haïti ont été fortement mis en cause face à cette situation.  

Tout à commencer avec la vulgarisation du terme “HMI” pour Haitian Musical Industry ou Industrie Musicale Haïtienne, qui annonçait il y a quelques années l’évolution et la concertation des artistes, compositeurs et producteurs haïtiens, surtout en terre étrangère. Mais personne ne s’attendait à ce qu’une telle évolution allait marquer la fin d’une époque même si le sigle HMI est anglophone et avait averti d’un tel exode.  

En plus du coronavirus, suite à l’emprise du territoire haïtien par des bandits, Port-au-Prince et ses villes sœurs – étant gangstérisées – ont vu leurs talents éviter à tout prix certaines zones du pays pour des prestations. 

Les caravanes ont diminué considérablement, surtout depuis les mobilisations “Peyi Lock”, et ça s’est empiré avec l’assassinat du président Jovenel Moïse en juillet 2021. Et depuis…  

À présent, qui dit industrie musicale haïtienne, dit un succès en terre étrangère, particulièrement aux États-Unis, plutôt qu’en Haïti, malheureusement.  

Advertisements

Tout se passe à présent et majoritairement en République dominicaine et aux USA, dans quelques pays des Caraïbes, et timidement en France (Europe), mais les demandes se multiplient. Les affiches de programmes musicaux ne colorent presque plus les rues de la capitale haïtienne, et la situation ne demeure pas différente dans les rues des provinces. 

Les chanteurs, compositeurs locaux, découragés, cherchent de la motivation pour bâtir une carrière…mais que pour atteindre le tapis rouge de la scène internationale. Haïti n’offre rien de productif désormais.  

La musique haïtienne prend son essor à l’étranger, et renforce en même temps l’économie d’autres pays : Konpa, Rap kreyòl, Rabòday, ont fait leurs bagages pour s’installer ailleurs, emportant avec eux chanteurs, animateurs et Dj’s convoités. 

La majorité des Haïtiens déguste les exploits de ses filles et fils qu’à travers les diffusions sur les réseaux sociaux et quelques rares chaînes de télévision, et souffre de ce manque de plaisir qui ternit les couleurs de la culture haïtienne chaque jour. 

Facebook Comments

Pooshy Rosana
Pooshy Rosana, journaliste-rédacteur à Netalkolemedia, caricaturiste et graphiste. Parallèlement, coach fitness. Adore la culture populaire, les documentaires et la musculation.