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L’insecurite sevient un choc mentale pour les haitiens.

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La sécurité est une question politique qui se pose depuis l’aube de l’humanité et dont on pourrait dire pour simplifier qu’elle se déplace sur un axe allant de la survie à l’abondance. Dans nos sociétés, elle serait à l’origine de la constitution des États modernes avec le mythe du contrat social, par lequel les hommes auraient abdiqué une parcelle de leur liberté en échange de la garantie de protection de la liberté et de la propriété. Elle serait ensuite à l’origine de l’État social avec ce que Ewald a appelé le “contrat de solidarité”, par lequel le coût des risques sociaux (accident, maladie, chômage…) est réparti sur l’ensemble de la société et où la sécurité devient sociale. De ce point de vue, la sécurité est étroitement liée à la reconnaissance politique et à l’effectivité des Droits de l’homme : civils et politiques dans un premier temps, par la conquête libérale institutionnalisée dans l’État de droit ; économiques et sociaux dans un deuxième temps, par la conquête socialdémocrate institutionnalisée dans l’État social. Bref, l’acception de la sécurité se serait ainsi élargie de manière à recouvrir de plus en plus d’aspects du bien-être, avec pour corollaire, il faut le préciser, une extension du champ d’intervention étatique et, partant, du contrôle social.

Aujourd’hui, la tendance semble s’inverser, et à travers la redéfinition des figures du risque peut se lire l’émergence d’un État sécuritaire dont les modalités de contrôle, outre la surveillance, incluent aussi une part plus ou moins large d’autocontrôle.

Les faits

Mais de quoi parle-t-on quand on parle d’insécurité? Quels sont les faits ? L’insécurité est définie simplement comme manque de sécurité. Le terme « sécurité » est un doublet de « sûreté ». Il désigne tout d’abord l’état d’esprit (subjectif) de celui qui se croit à l’abri du danger. La sécurité, et par suite l’insécurité, sont donc bien, d’abord, de l’ordre du sentiment (de « l’éprouvé »). En second lieu, la sécurité est la situation (objective) qui résulte de l’absence réelle de danger, que celui-ci soit d’ordre matériel ou moral. Enfin, ce terme désigne la situation obtenue par la réunion des conditions propres à la créer (par exemple, la sécurité routière).

L’insécurité désigne ainsi soit l’état d’esprit de celui qui se croit en danger, soit la situation de celui qui est réellement exposé à un danger, soit un état de fait résultant de l’absence de mesures prises pour prévenir ou éviter un danger. Parler du développement de l’insécurité revient à dire que notre monde est perçu comme plus dangereux, et qu’il l’est effectivement.

Toute vie est fragile, et exposée, dès la naissance, à de nombreux dangers. Le danger peut être d’ordre naturel (par exemple, lors d’une course en montagne : chutes de pierres), ou technologique (déplacement en avion : panne de moteur). Tout élément susceptible de menacer ou de compromettre l’existence d’une personnel  ou d’une chose est dangereux, et constitue une menace, car il représente un risque. Mais quand on déplore aujourd’hui une insécurité grandissante, on pense de façon privilégiée, et quasi unique, aux dangers résultant d’un comportement agressif d’autrui, soit à l’égard de ses biens, soit à l’égard de sa personne. Insécurité est alors synonyme de violence subie (ou susceptible d’être subie). C’est pourquoi on parle presque indifféremment de montée des violences ou d’augmentation de l’insécurité. La violence est une force brutale s’exerçant sur quelqu’un pour le soumettre, le contraindre. Etymologiquement, elle est « abus de la force ».

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Violences dans les banlieues…… et ailleurs

6Si donc, quand on parle d’insécurité, on envisage la montée des violences, celle-ci paraît bien être un fait. Les violences correspondent aux actes par lesquels s’exerce la force dont on abuse. Or, ces actes, non seulement se situent à un niveau assez élevé depuis une dizaine d’années, mais encore (et peut-être surtout) bénéficient d’une visibilité considérable. Le fait de société réside peut-être plus, d’ailleurs, dans l’attention socialement accordée à ces actes que dans leur nombre. Un premier problème se pose en effet. Que compter ? Quels événements faut-il comptabiliser? Les méthodes de comptage ont une importance cruciale. Par exemple, la dépénalisation des chèques sans provision suffit à infléchir la courbe de la délinquance financière ! (Philippe Robert et al, 1994). L’indicateur le plus communément pris en compte est le nombre total de faits enregistrés par les services de police et de gendarmerie réunis. Il faut bien avoir conscience qu’au sens strict cet indicateur ne mesure directement que l’activité des services de police et de gendarmerie, et seulement indirectement la délinquance réelle. Ne serait-ce que parce que, premièrement, cette activité est fonction du nombre de fonctionnaires en cause et de leur dynamisme (ou de leur motivation ; que, deuxièmement, les chiffres fournis ne distinguent pas les tentatives des infractions réelles ; et que, en troisième lieu, comme l’a montré une enquête sur les victimes en Ile-de-France (CESDIP, 2002), de très nombreux faits échappent aux statistiques policières, du simple fait que nombre de victimes ne portent pas plainte ! On parle à ce sujet du « chiffre noir » de la délinquance, constitué par les infractions subies, mais jamais signalées.

Considérons cependant cet indicateur : il permet de constater une augmentation considérable de la « délinquance » (nombre de crimes et délits) de 1950 (574 000 faits constatés) à 1992 (3 830 900 faits). L’étude de Robert et al. (1994) fait apparaître que cette augmentation est principalement liée à une très force croissance des vols et des cambriolages (leur nombre progressant de 1300 %), alors que les homicides ne progressaient que faiblement (30% en 60 ans). Mais les petits délits, en très forte hausse, d’une part sont susceptibles de toucher n’importe qui (alors que la probabilité d’être assassiné reste assez faible  ; et d’autre part ils peinent à recevoir une véritable réponse judiciaire. Ainsi le public pourra-t-il avoir la double impression que l’insécurité augmente et que l’impunité est de règle…

 Un État sécuritaire En Haïti

En Haïti, La formule précitée ne vise pas à nier l’insécurité comme problème, mais à souligner le rôle que celle-ci, en lien avec la “délinquance urbaine”, avec la “délinquance sexuelle” ou avec le “terrorisme”, joue dans les processus actuels de légitimation de l’action étatique. Poussés par le néolibéralisme qu’ils ont institutionnalisé dans de nombreuses instances internationales, les États se retirent de plus en plus de la sphère socioéconomique et tendent à se replier sur leurs fonctions régaliennes, et en particulier sur celles d’autorité, au détriment du projet politique de solidarité qui sous-tendait l’État social. Comme le soulignait Rosanvallon il y a plus de vingt ans , l’égalité, comme finalité institutionnalisée dans l’État social, se trouve de plus en plus concurrencée par une demande de sécurité liée à l’insécurité urbaine, aux risques technologiques majeurs et à l’instabilité internationale. On tendrait ainsi à revenir à une conception originelle de la sécurité, de plus en plus limitée à la protection de la liberté et de la propriété, domaine dans lequel l’État peut encore prétendre à une action spécifique et relativement autonome qui légitimerait son existence. Qui plus est, avec la fin de la guerre froide et l’hégémonie de l’idéologie néolibérale, l’ennemi extérieur va être remplacé par un ennemi intérieur dont la nécessaire visibilité conduit à la focalisation sur les figures de risque mentionnées ci-dessus. Une telle évolution de la notion de sécurité signerait ainsi le passage d’un État social à un État sécuritaire, prenant appui sur le paradigme de la gestion des risques.

UNE FORTE REFLEXION POUR TROUVER LA  FIABILITÉ DE L’INSCURITE EN HAÏTI 

Un dialogue constructif et inclusif qui devra se dérouler entre les dirigeants gouvernementaux de tous les horizons politiques haïtiens, la société civile, les organisations confessionnelles et le secteur privé, « afin de trouver des solutions durables à la crise politique et économique actuelle », a précisé la délégation des États-Unis, suivie par la Belgique, l’Afrique du Sud, l’Indonésie, la Pologne ou encore la Fédération de Russie.  Le Ministre haïtien des affaires étrangères a d’ailleurs affirmé qu’une requête d’assistance technique a été émise par le Comité de facilitation du dialogue national pour la mise à disposition d’un expert « chevronné » des policiers, l’armée Haïtiens et autres entité afin de régner une bonne marche  de sécurité en Haïti..

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