SANTÉ

Un premier cas de la variole du singe serait détecté en Haïti, que devrions-nous craindre ?  

Photo d'archive de 1997 d'une épidémie de variole du singe en RDC - Copyright © africanews AP/http://www.cdc.gov/ncidod/eid/vol7no3/hutin.htm CDC – Yvan

Et malheureusement, un premier cas de la “Variole du singe” vient d’être recensé dans le département de l’Artibonite, plus précisément à Saint-Marc. Celui-ci a été détecté dans un centre hospitalier du dit département. 

L’information a été confirmée par le Directeur Sanitaire de l’Artibonite (DSA) de l’Artibonite, Marcel Chatelier, précisant que des prélèvements ont été effectués sur la personne contaminée – apparemment un jeune homme – et les échantillons ont été transférés au Laboratoire national, à Port-au-Prince, pour des analyses approfondies. 

Il a été mis en quarantaine, ainsi que quelques un de ses proches, a-t-on appris.  

Parallèlement, le Directeur général du Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP), Dr Lauré Adrien, a aussi rapporté la mauvaise nouvelle. 

Le responsable appelle la population au calme et ajoute que « ce n’est qu’un cas suspect, et que rien n’a encore prouvé qu’il s’agit réellement de la variole du singe ». 

Pour M. Adrien, pour l’heure il n’y a pas de cas officiel de variole du singe en Haïti. Il évoque toutefois les symptômes et précautions applicables pour la variole, sans laisser derrière l’épidémie actuelle : le Covid-19, dont le mode de transmission est presque similaire.  

C’est quoi la variole du singe ? 

La variole du singe est une maladie virale. Le virus entre dans le corps par des lésions cutanées [par la peau], les voies respiratoires ou les muqueuses comme par exemple les yeux, le nez ou la bouche. 

Contaminées par la maladie, certaines personnes risquent d’être très malade et des décès peuvent survenir. 

Les symptômes se manifestent généralement au bout de 5 jours jusqu’à 21 jours suite un potentiel contamination au virus. 

Deux phases de manifestations se présentent et durent de deux à quatre semaines habituellement. La personne infectée présente les symptômes suivants : fièvre ; 

Frissons ;

Ganglions lymphatiques enflés ; maux de tête; 

Douleurs musculaires ; 

Douleurs articulaires ; 

Maux de dos ; 

Épuisement. 

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Et, une éruption cutanée apparaît à la deuxième phase de contamination – habituellement d’au moins une à trois journées après le début de la fièvre. 

L’éruption cutanée apparaît souvent sur le visage ou aux extrémités, mais elle peut toucher d’autres parties du corps comme les mains, les pieds, la bouche et les organes génitaux. Sa durée : entre 14 et 28 jours. 

L’espace infecté change au fil de différents stades avant de finalement former une croûte qui tombera plus tard. 

Le risque de contamination est immédiat dès l’apparition des premiers symptômes jusqu’à ce que les croûtes tombent d’elles-mêmes et que la peau guérisse. 

Pourra-t-on faire face à une nouvelle épidémie ? L’interrogation clé ! 

Vu la gestion de l’épidémie de coronavirus par l’État haïtien, plus particulièrement par le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) en Haïti, il est nécessaire d’attirer l’attention de la population sur le risque qu’elle encoure face à la variole du singe. 

Même si rien n’est officiel selon les rassurances du DG de la Santé Publique Lauré Adrien, il faut rappeler que la propagation du coronavirus en Haïti est jusqu’à aujourd’hui négligée sur toute la ligne par les autorités sanitaires. Peu de mesures ont été prises pour contrecarrer la maladie, à part les campagnes de prévention et de vaccination. 

Haïti a recensé ses deux premiers cas de Covid-19 fin mars 2020, aujourd’hui le bilan total est de 835 décès et 30 818 cas de contaminations, selon les données de Reuters, datant de 3 jours. Et en République dominicaine : 4 377 décès, 583 722 cas de contaminations – un bilan recensé par la même agence de presse hier mardi 31 mai. 

Tout comme l’insécurité, les épidémies n’affectent pas les manifestations de masse 

En plein pic épidémique Haïti n’avait pas freiné ses activités de masse pour longtemps : carnaval, “Car wash party”, “Ti sourit”, culte dans les églises, ont été réalisés pour certains clandestinement, et d’autres financés par nos autorités étatiques. 

Insolite ou pure ânerie, le MSPP avait même appelé la population haïtienne à respecter les gestes barrières pour éviter toute contamination. Un message qu’il avait placé sur un stand, son stand carnavalesque en 2021. 

Tout comme l’insécurité, il faut croire que l’épidémie, ou les épidémies n’affecteront pas les manifestations de masse. Malgré les cas de violence, la vie nocturne dans le département de l’Ouest est chargée ! 

Gale et variole, devrait-on établir un lien ? 

Depuis janvier 2021, le MSPP avait alerté de l’apparition de plusieurs cas de gale. En avril 2022, les autorités sanitaires avaient affirmé avoir recensé plusieurs cas d’une infection cutanée très contagieuse similaire à la gale (Sarcoptose) dans plusieurs régions du pays. 

Des images d’adolescents infectés, comme à Kenscoff et à Croix-des-Bouquets, avaient enflammé la toile, créant ainsi une panique au sein de la population. 

Aussi, en République dominicaine, les autorités étaient en alerte, et en contact permanent avec leurs homologues haïtiens. Si les deux maladies – variole du singe et gale – présentent des symptômes presque similaires, rappelons toutefois que l’une d’elles peut se transmettre par les voies respiratoires et les muqueuses : la variole du singe. 

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Pooshy Rosana
Pooshy Rosana, journaliste-rédacteur à Netalkolemedia, caricaturiste et graphiste. Parallèlement, coach fitness. Adore la culture populaire, les documentaires et la musculation.