Malgré quelques améliorations récentes, la situation sécuritaire à Port-au-Prince reste une préoccupation majeure, en particulier pour les femmes enceintes. La violence persistante dans la capitale haïtienne empêche l’accès aux soins prénataux et à l’accouchement, dans un contexte où les infrastructures médicales ont été sévèrement touchées.
Dans les zones métropolitaines de Port-au-Prince, près de 75% des sites de déplacement sont sous le contrôle de bandes armées, ce qui rend l’accès humanitaire extrêmement difficile. Les cliniques mobiles, les distributions de kits de dignité et les audits de sécurité sur la violence sexiste ont été suspendus à plusieurs reprises en raison des attaques des gangs armés. Les affrontements entre les gangs et la police nationale haïtienne, soutenue par la mission multinationale d’appui à la sécurité (MSS), se sont intensifiés ces derniers mois. Le premier contingent kenyan de cette mission est arrivé le 25 juin, avec 200 officiers déployés pour soutenir la police haïtienne dans sa lutte contre les gangs, qui contrôlent plus de 80% de la ville.
La violence a eu des conséquences dramatiques pour les femmes enceintes. De nombreux établissements de santé ont été pillés ou détruits, y compris l’hôpital universitaire d’État. À l’heure actuelle, seuls 20 % des établissements de santé de la capitale fonctionnent normalement. Les femmes déplacées, forcées de quitter leur domicile, sont exposées à de nombreux risques, notamment un accès limité aux services sociaux, aux installations d’hygiène et à l’assistance psychologique. Le nombre de personnes ayant besoin de services liés à la violence sexiste a augmenté pour atteindre 841 000.
Entre mars et juin 2024, le nombre de personnes déplacées en Haïti a augmenté de 60%, passant de 362 000 à 578 000, principalement en raison de l’aggravation de la situation sécuritaire dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Plus de 310 000 de ces personnes déplacées sont des femmes et des jeunes filles.
Face à l’ouragan Beryl, premier cyclone de la saison 2024, le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) et ses partenaires ont activé un plan de contingence. Ils ont prépositionné 2 000 kits de dignité, mis à jour les voies d’orientation en matière de VBG et assuré la coordination avec les secteurs de la gestion des abris et des camps.
Au cours de la période couverte par le rapport, l’UNFPA a concentré ses efforts sur la fourniture de services vitaux aux femmes et aux filles déplacées en Haïti. Des cliniques mobiles ont fourni des services de santé reproductive et de lutte contre la violence liée au sexe. Des kits de dignité contenant des articles d’hygiène de base ont été distribués sur les sites de déplacement. Une ligne d’assistance psychosociale et d’orientation pour la violence liée au sexe est restée opérationnelle. Quatre espaces sécurisés temporaires pour les femmes et les filles ont été mis en place sur les sites de déplacement, offrant un soutien psychologique et des conseils.
Les efforts ont également porté sur les points suivants
* Le renforcement des établissements de santé pour offrir des services de santé reproductive et de gestion de la violence liée au sexe, y compris des accouchements sûrs, des soins obstétriques d’urgence, la gestion clinique du viol, le planning familial, et la prévention et le traitement des IST.
* Distribution de kits de santé reproductive inter-agences aux hôpitaux et aux centres de santé à travers Haïti.
258 accouchements, dont 74 césariennes.
* Déploiement d’une clinique mobile sur le site de déplacement de Delmas 19, fournissant des services de santé reproductive et de lutte contre la violence liée au sexe à 43 personnes handicapées.
* Mise en place de quatre espaces sécurisés temporaires pour les femmes et les filles sur les sites de déplacement, offrant un soutien psychosocial à 208 personnes.
* Accueil de 55 femmes et filles exposées à la violence liée au sexe dans des abris soutenus par l’UNFPA, avec une assistance psychosociale et matérielle.
* Soutien à une ligne téléphonique d’urgence qui a reçu environ 120 appels.
* Collaboration avec la Fondation pour la santé reproductive et l’éducation familiale pour distribuer 1 000 kits de dignité sur les sites de déplacement.
Cette situation souligne l’urgence d’une réponse humanitaire coordonnée pour protéger les femmes enceintes et garantir leur accès aux soins dans un contexte de crise grave.
Source Photo: UNFPAHaiti



