Au Tchad, une femme qui refuse une demande en mariage devra payer une amende 

Sam Sarah Devilus
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À Mangalmé, dans le Nord-Est du Tchad, pays de l’Afrique centrale, les femmes qui refusent une demande en mariage doivent désormais payer une amende de 25.000 Fcfa, soit 38 euros environ. 

Tous les jours, pour une raison ou une autre, des femmes partout dans le monde refusent des demandes en mariage, mais dorénavant dans le Nord-Est du Tchad, dire non à son conjoint pour le mariage sera puni d’une amende. 

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l’Amchilini, qui veut dire choisis moi, est cette nouvelle loi qui pénalisent une femme qui refusent une demande en mariage. Elle a été instaurée par le Conseil supérieur des affaires islamiques de la province pour encourager les jeunes à se marier, et également à lutter contre ce que les autorités religieuses qualifient de débauche chez les jeunes, selon les habitants de cette province. 

Des féministes ont déjà levé la voix pour dénoncer cette loi, dont la Ligue tchadienne des droits des femmes, qui soutient que c’est une pratique qui viole la loi sur le libre consentement au mariage. 

“Déjà, j’aimerais comprendre si l’amende va au garçon ou à la juridiction islamique ? C’est ce que j’aimerais bien comprendre. Et deuxièmement, 25.000 francs CFA, soit environ 38 euros, même pour les personnes qui vivent à N’Djamena dans la capitale, avec des activités, c’est déjà un souci. Imposer cette somme-là aux personnes qui vivent dans des zones défavorisées, mais où est-ce qu’ils auront ces 25.000 francs CFA ? ” a déclaré Falmata Issa Mahamat Maina, la chargée de communication de la Ligue tchadienne des droits des femmes. 

“C’est une pression psychologique en ce sens que, lorsque la personne n’aura pas les moyens, elle sera obligée d’accepter. Il faut qu’on comprenne qu’aucun mariage n’est accepté dans l’islam lorsque la fille n’est pas consentante.” a-t-elle poursuivi. 

“Le mariage forcé est bel et bien interdit, de quelle base Islamique ils ont tiré ça ? Apprenez à respecter le choix des gens. Nulle part l’Islam encourage le mariage forcé.” a réagit une femme.  

Un hashtag, #StropAmchilini, a été lancé par la ligue Tchadienne des droits des femmes pour dénoncer cette décision jugée illégale, car elle viole une loi nationale, garantissant la liberté de consentement au mariage. 

Selon l’institut Tchadien de la statistique, 60% des femmes âgées de 20 à 24 ans ont été mariées alors qu’elles étaient enfants, en dépit d’une loi adoptée en 2015 qui interdit les mariages d’enfants. 

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