IMMIGRATION

L’Haïtien serait à l’origine de ses persécutions en République Dominicaine

La frontière entre Haïti et la République Dominicane à Ouanaminthe le 3 juillet 2018 afp.com/Pierre Michel JEAN

Il n’y a pas de mots plus simples à lâcher pour expliquer la cause des persécutions enclenchées en République dominicaine à l’égard des Haïtiens : « Nous [Haïtiens] sommes à l’origine de tous nos maux en République dominicaine », a confié Véronique [nom d’emprunt], une ressortissante haïtienne qui loge en République Dominicaine depuis plus d’un an. 

Suite à la publication d’une vidéo amateur d’une manifestation de plusieurs Dominicains pour dénoncer la présence d’Haïtiens à Juan Bosch – plusieurs influenceurs, dont Michaelle Durandis, avaient affirmé avoir été contacté par des compatriotes en terre voisin sur la situation. Selon eux, le mode de fonctionnement de nos confrères•sœurs sont à l’origine de ses troubles sociales, ce à tous les niveaux. 

Certains s’amusent même à extirper de fortes sommes d’argent de la poche des nouveaux-venus haïtiens pour des services de nature peu coûteuses : immobilier, location de voiture, obtention ou renouvellement de pièces… 

 [Nan zòn sa apatman yo sete 12,000 pesos pou 3 chanm a couche, 2 twalèt, yon kizin, yon sal a manje. Kay yo te trè bon mache , ayisyen anvayi zòn lan, gen anpil ki lwe apatman yo poukò yo, epi lè lòt ayisyen ki sot Ayiti vini yo pa konnen yo lwe yo yon chanm nan apatman yo lwe a $ 200us, $ 150us pa chanm. 

Sa vle di pou 200us ou preske gen 11,000 pesos, yo lwe chak chanm a 200us oubyen 150us bagay la vinn tounen yon biznis pou ayisyen yo , lè dominiken yo vinn okouran de sa yo vinn monte ka yo jiska 18,000 pesos.] Michaelle Durandis sur Facebook, citant la complainte d’au moins 4 Haïtiens qui résident à Ciudad Juan Bosch. 

Des propos qui ont été en partie confirmés par “Véronique” affirmant que certains résidents Dominicains et Haïtiens désirent à tout prix s’enrichir au détriment des voyageurs haïtiens, à présent. 

Le prix de certains services, particulièrement l’immobilier, et produits, ont augmenté, et affecte directement les deux peuples. L’une des raisons des protestations de dimanche dernier.  

Des bandits traversent aussi la frontière voisine 

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En plus, Saint-Domingue fait face à un nouveau défi : la recrudescence des cas de violence sur son territoire impliquant parfois des hors-la-loi haïtiens qui ont franchi leur frontière illégalement. 

Récemment un Haïtien a été interpellé à Puerto Plata pour avoir tué puis brûlé une femme en septembre 2021. Un cas parmi d’autres puisque ses compatriotes sont impliqués [tous comme des Dominicains] dans des cas de viols, de vols, entre autres. 

À surtout rappeler qu’actuellement, la population carcérale dominicaine a mis hors d’état de nuire 1 464 détenus haïtiens, soit 80% des 1 828 étrangers hébergés dans les cellules. Ils ont été emprisonnés pour meurtre et viol. 

La migration ne fait pas de cadeau 

La Direction générale de la migration (DGM) en République dominicaine s’active depuis plus deux ans dans les recherches d’Haïtiens illégaux dans le but de les rapatrier en Haïti. 

Jour et nuit des agents de la DGM traquent des clandestins et les entassent à bord de camions avec pour seul bien leurs vêtements. 

Depuis l’incident survenu à Juan Bosch où plusieurs Haïtiens en colère avaient lapidé plusieurs agents de la migration dominicaine, la DGM accompagnée des forces armées du territoire dominicain sillonne les rues de certaines villes et zones reculées fréquentées par les Haïtiens pour exercer leur loi. 

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Pooshy Rosana
Pooshy Rosana, journaliste-rédacteur à Netalkolemedia, caricaturiste et graphiste. Parallèlement, coach fitness. Adore la culture populaire, les documentaires et la musculation.