Sanctions ou pas, Jocelerme Privert : l’ancien président « par accident » s’inscrit officiellement dans la course électorale

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L’ancien président provisoire Jocelerme Privert a confirmé son inscription dans la course à la présidence sous la bannière du regroupement politique Ayiti Transfòme. Près de dix ans après son passage inattendu à la tête de l’État, il veut cette fois conquérir le Palais national par les urnes.

Jocelerme Privert revient au centre du jeu politique. L’ancien président provisoire a déposé sa candidature à la magistrature suprême dans le cadre des élections prévues en 2026.

Son retour ne passe pas inaperçu. Privert figure toujours sur la liste des personnalités haïtiennes sanctionnées par le Canada. Malgré cette situation, il entend poursuivre sa route et soumettre son projet au vote de la population.

Un président arrivé au pouvoir sans élection populaire

Jocelerme Privert avait accédé à la présidence provisoire en février 2016, après le départ de Michel Martelly et l’échec du processus électoral de 2015. Alors président du Sénat, il avait été choisi par l’Assemblée nationale pour assurer la transition.

Son arrivée au Palais national ne résultait donc pas d’une élection au suffrage universel. Elle était le produit d’un accord politique conclu dans un contexte de crise. C’est ce parcours particulier qui lui vaut aujourd’hui l’image d’un président arrivé « par accident » au sommet de l’État.

Son mandat provisoire, initialement prévu pour une courte période, s’est finalement prolongé jusqu’en février 2017, avec l’entrée en fonction de Jovenel Moïse.

Dix ans plus tard, Privert veut revenir au pouvoir avec une légitimité électorale.

Les sanctions canadiennes toujours présentes

Cette candidature intervient alors que le nom de Jocelerme Privert reste associé aux sanctions imposées par le Canada en 2023. Ottawa avait avancé des allégations de corruption et de soutien aux groupes armés pour justifier ces mesures.

Privert a toujours rejeté les accusations canadiennes. Il avait affirmé ne posséder ni biens ni intérêts au Canada et soutenu que ces sanctions ne l’empêcheraient pas de poursuivre ses activités politiques en Haïti.

Les mesures canadiennes ne constituent pas automatiquement une interdiction de participer aux élections haïtiennes. Le sort de sa candidature dépendra de l’examen de son dossier par les institutions électorales compétentes.

Une candidature encore soumise au contrôle du CEP

L’inscription sur la plateforme électorale représente une première étape. Elle ne signifie pas que la candidature est déjà validée.

Le dossier de l’ancien président devra être vérifié par le Conseil électoral provisoire. Des contestations peuvent également être déposées durant la période prévue par le décret électoral, avant la publication de la liste définitive des candidats agréés.

Le CEP devra donc déterminer si Jocelerme Privert remplit toutes les conditions légales exigées pour participer à la présidentielle.

Une figure expérimentée, mais controversée

Ancien ministre de l’Économie et des Finances, ancien ministre de l’Intérieur, sénateur des Nippes et ancien président du Sénat, Jocelerme Privert possède une longue expérience de la vie politique et de l’administration publique.

Il dispose également d’un réseau construit au fil de plusieurs décennies. Son entrée dans la course pourrait peser sur les alliances et modifier les rapports de force entre les différents candidats.

Mais son parcours, sa gestion de la transition de 2016 et les sanctions canadiennes devraient également alimenter les critiques de ses adversaires.

Du provisoire à l’élu ?

En 2016, Jocelerme Privert avait occupé le Palais national sans avoir été élu directement par la population. En 2026, il veut désormais obtenir ce mandat dans les urnes.

Le premier tour de la présidentielle est prévu pour le 13 décembre 2026, avec un éventuel second tour le 21 février 2027. Avant d’y parvenir, son dossier devra franchir toutes les étapes de vérification et de contestation.

Sanctions ou pas, l’ancien président provisoire est de nouveau dans l’arène. Reste à savoir si le CEP lui ouvrira la voie et si les électeurs accepteront de lui confier, cette fois officiellement, les clés du Palais national.

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