Mauvais carburant : « Rete tèt frèt », la seule réponse de James Monazard aux consommateurs victimes

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Des voitures et des motos seraient tombées en panne après avoir été approvisionnées dans certaines stations-service. Des conducteurs disent avoir dépensé des milliers de gourdes dans la réparation de leurs moteurs. Certains transporteurs se retrouvent même privés de leur principal outil de travail.

Face à la colère qui monte, le ministre du Commerce et de l’Industrie, James Monazard, demande à la population d’être prudente et de garder son sang-froid : « Rete tèt frèt ».

Dans son avis du 16 septembre 2026, le ministère annonce des vérifications et des contrôles. Mais il ne dit pas quelles stations sont concernées, où les échantillons ont été prélevés ni quand les résultats seront publiés. Aucun produit suspect n’a été publiquement identifié et aucune mesure d’indemnisation n’a été annoncée.

À Delmas 83, une automobiliste affirme que son Toyota RAV4 2017 a commencé à présenter de graves problèmes après un passage à la pompe. Les injecteurs, les bougies et d’autres pièces du moteur auraient été affectés.

Des syndicalistes du transport signalent également plusieurs cas impliquant des voitures et des motocyclettes. Ils réclament une enquête pour déterminer si le carburant vendu respecte réellement les normes.

Pour l’instant, aucune analyse officielle rendue publique ne permet d’affirmer que les pannes ont été causées par du carburant contaminé. C’est justement pour cette raison que le ministère doit agir vite et publier les résultats de ses contrôles.

Il ne suffit pas de demander aux citoyens de rester calmes. Une personne qui vient de perdre son véhicule veut savoir ce qui s’est passé, qui est responsable et comment elle pourra être dédommagée.

Pour de nombreux Haïtiens, une voiture ou une moto n’est pas un luxe. C’est un moyen de gagner sa vie. Lorsqu’un véhicule reste au garage, son propriétaire perd de l’argent chaque jour, tout en devant payer le mécanicien et les pièces de rechange.

Si la mauvaise qualité du carburant est confirmée, les autorités devront remonter toute la chaîne, de l’importation jusqu’à la vente dans les stations-service. Les responsables devront être identifiés et sanctionnés.

Il faudra aussi expliquer comment un carburant non conforme aurait pu arriver aux pompes sans être détecté par les services chargés du contrôle.

Les consommateurs attendent des réponses claires : quelles stations ont été inspectées ? Quel carburant est suspecté ? Qui l’a importé et distribué ? Quand les résultats seront-ils publiés ? Et surtout, qui paiera les réparations ?

« Rete tèt frèt » ne répare pas un moteur et ne remplace pas un véhicule perdu. James Monazard doit maintenant aller au-delà des mots, publier les résultats des contrôles et dire comment les victimes seront accompagnées.

Le calme demandé par le ministre ne doit pas devenir une façon de faire oublier les responsabilités.

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