Parler de ce sujet est sans aucun doute cruel pour ceux ayant longtemps cru dans une souveraineté effective d’Haïti en tant qu’Etat. C’est un fait, Dominique Dupuy n’est plus ministre des affaires étrangères, pour la plus grande satisfaction des Dominicains qui n’ont pas tardé à saluer cette nouvelle. Son éviction a été réclamée pour ses positions fermes contre le traitement inhumain des autorités dominicaines à l’encontre des Haïtiens à l’autre bout de la frontière.
Figure principale de l’aile radicale du gouvernement Conille, l’ancienne représentante d’Haïti à l’UNESCO n’a pas plu au Conseil présidentiel de transition avec ses positions fermes au sujet des déportations massives des Haïtiens en République dominicaine, les qualifiants de discriminatoire, racistes et d’épuration ethnique. Cette position soutenue dès le début par le Premier ministre Garry Conille lui a coûté son poste de chancelière.
Depuis la publication de l’arrêté portant nomination du nouveau cabinet ministériel, le nom de Dominique Dupuy est revenu dans tous les journaux en République dominicaine. Une petite victoire pour le Conseil présidentiel de transition qui s’est assouvi à la demande des dirigeants dominicains qui se sont unanimement positionnés en faveur du renvoi de la jeune ministre haïtienne des affaires étrangères.
Les conseillers présidents, particulièrement Leslie Voltaire qui avait ouvertement exprimé son désir de renvoyer la chancelière suite à sa mésaventure à la 79e assemblée générale des Nations Unies, s’étaient embourbés dans un conflit ouvert entre Haïti et la République dominicaine. De fait, ils n’ont jamais pris position publiquement à ce sujet, laissant la Présidence dans une note vague à exprimer la préoccupation d’Haïti sur ce sujet et le soutien du conseil présidentiel aux Haïtiens expulsés de force sur le territoire dominicain.
Toutefois, la position soutenue par la ministre Dominique Dupuy a fait exploser sa popularité au sein de la population haïtienne, la trouvant comme une digne fille de son arrière arrière grand-père qui a participé à la guerre de l’indépendance. D’ailleurs, elle aurait été remplacée bien avant si elle n’avait pas eu ce soutien populaire. L’éviction de Dominique Dupuy en tant que ministre des affaires étrangères nous a fait comprendre que se positionner contre les actions dominicaines visant les Haïtiens à un prix à payer, et que les rapports d’équilibre entre les deux républiques de l’île d’Haïti ne peuvent pas être effectif avec des Haïtiens aux bottes de la République dominicaine.
Source photo: hebdo24

