Après les 2 h de temps du commissaire Muscadin, Youri Latortue veut éradiquer l’insécurité en 6 mois

Pooshy Rosana
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L’ex Sénateur du département de l’Artibonite Youri Latortue semble avoir [aussi] en sa possession le fameux antidote pour éradiquer l’insécurité en Haïti. Sur sa page Facebook, il accuse le gouvernement de ne pas avoir accepté une proposition qu’il avait faite auparavant pour contrecarrer le banditisme urbain.  

“ Si le gouvernement avait accepté ma proposition, les gangs armés n’auraient pas eu ce boulevard pour continuer à terroriser la population. Si j’ai l’autorisation du pouvoir en place et des moyens politiques, dans six (6) mois, je résoudrai cette question d’insécurité. ”, a-t-il cité dans une affiche publiée sur sa page officielle Facebook.  

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Des déclarations presque similaires ont été auparavant formulées par l’actuel commissaire du gouvernement de Miragoâne, Jean Ernest Muscadin, qui détient jusqu’ici le « record de durée » : 2 heures de temps pour nettoyer Port-au-Prince de ses gangs, particulièrement dans la 3e circonscription, à Martisssant et à Village de Dieu. 

 

  1. Muscadin avait seulement exigé du gouvernement haïtien 500 policiers armés de Galils et des tractopelles.

Pour sa part, le coordonnateur national du parti « Ayiti An Aksyon » (AAA) avance à son tour que pour réaliser un tel exploit il lui faut l’autorisation du pouvoir en place et des moyens politiques, mais… pourquoi des moyens politiques ? 

L’insécurité en Haïti, un phénomène social politisé 

Plusieurs organisations de droits humains, dont le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), ont souvent tendance à dénoncer les liens qui existent entre les politiciens et les bandits, où plutôt l’influence de la politique sur l’insécurité. 

Aux grands maux, les grands remèdes. Pour combattre l’insécurité actuelle le couloir politique semble être inévitable voire essentiel ! 

Des présidents de la République aux élus du parlement ; des directeurs généraux de la PNH en passant par les chefs de gangs, tous se sont succédés aux fils des mandats [ans], et ont dénoncé le “konfyolo” qui existent entre eux – leurs adversaires. 

Le départ de Jovenel Moïse, une solution au kidnapping 

Bien avant son assassinat le 7 juillet 2021, le kidnapping faisait déjà rage à Port-au-Prince et dans les provinces. 

Jovenel Moïse avait pour adversaire politique une opposition cynique qui l’accusait de tous les malheurs de la République, mais aussi des chefs de gang comme Jimmy Cherizier alias « Babekyou » – allié du régime Tèt Kale qui allait se rebeller après, ensuite vient Izo, Lanmò San Jou… 

Lors de plusieurs grandes mobilisations contre « Nèg Bannann nan », et dans la presse, plusieurs d’entre eux avaient même conditionné sa démission comme une solution à l’insécurité, particulièrement le kidnapping. 

10 mois après le départ « forcé » de Jovenel du pouvoir, l’insécurité se propage sous le regard complice de certains de ses accusateurs. 

Un gouvernement négligeant, une insécurité négligée 

Actuellement le pays n’a pas de président, et le doute plane encore sur l’organisation des prochaines joutes électorales. 

À la tête de l’Exécutif un Ariel Henry aveuglé par sa soif de gouvernance. Nommé le 5 juillet 2021, soit quelques jours avant l’assassinat de Jovenel Moïse lui-même victime de l’insécurité qu’il avait tant négligé – le PM de facto de 72 ans est plus attiré par la politique et les sinistres de l’international. 

Il avait été mandaté par l’assassiner de 53 ans pour « mettre en place un gouvernement d’ouverture incluant les forces vives de la nation, résoudre l’insécurité jusqu’ici présente et accompagner le CEP pour la réalisation des élections générales et du référendum ». 

La population haïtienne assoiffée de paix, se déshydrate à petit feu face à la négligence de la deuxième version du gouvernement PHTK. 

Ces derniers temps la Police Nationale d’Haïti (PNH) a sorti ses gonds face aux malfaiteurs qui kidnappent et pillent les plus résilients. 

Aux commandes du DG a.i. Frantz Elbé, les forces de l’ordre passent à l’acte sans frein ni frayeur dans des quartiers de la Croix-des-Bouquets, de la Croix-des-missions, de Tabarre, Torcel, Pétion-ville et Delmas… 

Même si les gangs résistent aux assauts de la PNH, plusieurs de leurs membres sont déjà derrière les barreaux, d’autres plus empressés sont déjà à la morgue. 

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Pooshy Rosana, journaliste-rédacteur à Netalkolemedia, caricaturiste et graphiste. Parallèlement, coach fitness. Adore la culture populaire, les documentaires et la musculation.