Haïti: Quand les corrompus s’unissent pour destituer un Premier ministre

Par
Mackendy Filderice
Rédacteur
Étudiant en sciences politiques à l'Université Quisqueya, Journaliste-Rédacteur à Netalkolemedia, Publiciste, Humanitaire. Amoureux de la vie et de l'apprentissage.
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Il est fascinant, voire tragique, que dans un pays où l’insécurité règne et où la corruption gangrène les plus hautes sphères de l’Etat, ce soient précisément les acteurs les plus compromettants qui prennent la décision de destituer un Premier ministre. Si Garry Conille avait eu le courage de prendre des mesures drastiques, comme supprimer les avantages des corrompus et exiger que certains fonctionnaires de police soient traduits en justice pour leurs liens avec des conseillers incriminés, il est fort probable qu’il n’aurait pas été confronté à cette situation.

Un Premier ministre, comme Garry Conille, dispose de plusieurs leviers de pouvoir, dont quatre ministères clés, qui sont censés l’aider à orienter les décisions du gouvernement. Or, au lieu de renforcer son autorité face à une administration corrompue, il semble avoir été paralysé par des intérêts plus puissants et enchevêtrés, prêts à sacrifier l’intérêt national pour préserver leurs privilèges personnels. En tolérant une élite corrompue, il a non seulement compromis son propre pouvoir, mais aussi l’avenir du pays.

Il est donc paradoxal, mais très révélateur, que ce soient ces mêmes corrompus qui, aujourd’hui, prennent la décision de démettre de ses fonctions un Premier ministre dont l’action n’a pas encore atteint son plein potentiel. La vraie question est la suivante : comment un gouvernement peut-il espérer résister à l’instabilité et aux crises sociales si ceux qui devraient protéger les institutions sont eux-mêmes les artisans du déclin ?

Il est clair que l’incapacité à lutter efficacement contre l’insécurité et à imposer des réformes structurelles laisse la place à des pratiques politiques douteuses. Garry Conille, bien qu’ayant hérité de la lourde tâche de gérer un pays dévasté par la corruption, n’a pas pris de mesures concrètes face aux défis cruciaux de l’insécurité et de la mauvaise gouvernance. Pourtant, la décision de l’évincer est venue des trois éléments corrompus, plutôt que du pouvoir judiciaire ou de la société civile. Un tel revirement, dans lequel ceux qui ont tant à perdre du changement dictent l’agenda politique, est un affront à toute logique de rédemption nationale.

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L’affaire Garry Conille doit donc être considérée à la fois comme une leçon et comme un avertissement. Les véritables forces qui gouvernent dans l’ombre sont rarement celles que l’on croit.

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