Le lundi 29 mars, un chaos sans précédent a éclaté au centre-ville de Port-au-Prince lors de la visite du Premier ministre Garry Conille à l’Hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti (HUEH). Alors que le pays connaît une crise sécuritaire sans fin, cet incident est un symbole frappant de l’incapacité persistante de l’Etat à protéger ses institutions et ses citoyens.
En plein jour, sous les yeux de la police kenyane déployée pour sécuriser le convoi du Premier ministre, des bandits ont ouvert le feu autour du plus grand hôpital du pays. Ce climat de violence met en évidence non seulement la montée de l’insécurité, mais aussi l’apparente impuissance des forces de l’ordre haïtiennes face à une situation qu’elles sont censées contrôler.
La réponse des autorités à l’incident a laissé beaucoup à désirer. L’évacuation d’urgence du cortège du Premier ministre, accompagné du ministre de la Santé publique Georges Brignol Fils et du directeur général de la police nationale d’Haïti Rameau Normil, soulève des questions quant à la préparation et à l’efficacité des mesures de sécurité mises en place. Si des policiers étrangers doivent intervenir pour garantir la sécurité des visites officielles, qu’en est-il de la protection quotidienne des citoyens et des institutions essentielles ?
Cette tragédie met également en lumière l’état lamentable de l’HUEH, une institution qui devrait être un pilier de notre système de santé, mais qui se retrouve en première ligne d’une guerre dont elle n’est pas l’architecte. Cet hôpital est désormais un champ de bataille, un symbole poignant des défaillances d’un système incapable d’assurer la sécurité même dans les moments les plus cruciaux.
Bref, cet incident n’est pas une simple éruption de violence le jour d’une visite officielle. C’est le reflet brutal de la détérioration de la situation sécuritaire dans le pays. Le moment est venu pour les autorités haïtiennes de réévaluer leur stratégie en matière de sécurité et de prendre des mesures concrètes pour rétablir l’ordre et la confiance au sein de la population. Ce n’est qu’en faisant preuve de leadership et en adoptant des politiques efficaces que nous pouvons espérer voir une amélioration tangible de la situation.

