La gouvernance d’Haïti confiée à des extrémistes

Par
Jacky Chery
Rédacteur
Étudiant en Communication Sociale et en Sciences Juridiques à l'UEH, également Journaliste-redacteur à Netalkole Media. Un passionné de l'écriture et de la lecture.
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La récente révocation du Premier ministre Garry Conille marque un tournant de non retour pour cette nouvelle transition initiée en mars 2024, par la CARICOM, à Kingston. Dans cette nouvelle formule de gouvernance, le pays est à présent livré aux volontés extrémistes du Conseil présidentiel, qui s’est doté de façon unilatérale, lundi 11 novembre, d’un nouveau chef de gouvernement, en la personne de Alix Didier Fils-Aimé.

Ce Conseil présidentiel composé de neuf membres, issus d’horizons politiques divers, avait pour principale mission, conformément aux dispositions de l’accord du 3 avril, de rétablir la sécurité afin de pouvoir organiser les élections et de passer les commandes à des dirigeants démocratiquement élus le 7 février 2026. Six mois après, les événements qui se sont ensuivis témoignent de la volonté manifeste de faire durer la transition, comme ce fut le cas avec Ariel Henry.

Ces derniers mois, on a pu assister à une rupture progressive entre le Conseil présidentiel et l’arrêté portant création sur cette structure nouvelle dans l’histoire politique du pays, ainsi qu’avec l’accord du 3 avril, qui n’est toujours pas publié dans Le Moniteur. Les Conseillers présidents se tournent vers la Constitution lorsque ça les arrangent, et s’en passent dans la majeure partie du temps. Les décisions sont alors prises à travers des résolutions signées entre eux, avec éventuellement des contreparties.

Entre-temps, le pays meurt à petit feu et les dirigeants de l’exécutif haïtien se montrent particulièrement désintéressés des souffrances de la population, se livrant à des luttes fratricides pour le pouvoir. Le pays est à présent assujetti à des résolutions n’ayant aucune force de loi émanant de neuf personnes, avec sept détenant le droit de vote, dont trois inculpés pour corruption.

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Une vague de nomination dans les institutions publiques s’annonce dans les jours à venir, faisant suite à ce fameux remaniement ministériel tant souhaité par ce conseil présidentiel présentant les traits du Léviathan. Le Conseil présidentiel, avec l’éviction de Garry Conille, détient le pouvoir absolu comme n’importe quelle autocratie, nommant un nouveau Premier ministre de leur choix.

Les regards sont à présent portés particulièrement sur les prochaines décisions de cette superpuissance, qui pour la plupart seront controversées vu la dynamique politique fragile dans laquelle se trouve le conseil présidentiel, embarrassé avec le scandale de corruption de la BNC impliquant trois conseillers présidents, détenant de fait un droit de veto sur toutes les décisions cruciales concernant Haïti.

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Étudiant en Communication Sociale et en Sciences Juridiques à l'UEH, également Journaliste-redacteur à Netalkole Media. Un passionné de l'écriture et de la lecture.