En Haïti, les alliances politiques oscillent entre stratégies de puissance et échecs successifs, souvent au détriment de la population. Parmi ces acteurs, le parti politique « Fanmi Lavalas » et le Parti Haïtien Tèt Kale (PHTK) se distinguent par leur parcours au sein de l’exécutif, marqué par des résultats mitigés. La récente transition politique les a vus cohabiter, mais cette expérience n’a guère été à la hauteur des attentes : les deux partis n’ont pas réussi à offrir une stabilité durable.
Face à cet échec, Fanmi Lavalas a décidé de prendre ses distances avec le PHTK et de se rapprocher du secteur privé. Ce réalignement a permis à Lavalas de prendre les rênes de l’exécutif, cette fois en partenariat avec le secteur privé, sans l’ombre des PHTKistes. La question cruciale est maintenant de savoir ce que cette nouvelle configuration du pouvoir nous réserve.
La présence de personnalités influentes du monde des affaires au sein de l’exécutif, comme Laurent St-Cyr, membre du Conseil de transition et acteur économique de premier plan, et Alix Didier Fils-Aimé, actuel Premier ministre, symbolise un tournant dans la gouvernance du pays. Si cette tendance se confirme, il n’est pas exclu que l’exécutif se transforme en une coalition dominée par le secteur privé.
Un exécutif entièrement composé de personnalités du monde des affaires pourrait-il être la solution aux crises politiques et économiques ? Ou risque-t-il de consolider une gouvernance qui privilégie certains intérêts privés, au détriment des attentes populaires ?
A l’heure où les tensions sociales persistent, cette évolution appelle à une vigilance accrue. La stabilité d’Haïti dépendra de la capacité de ses dirigeants à redéfinir leur rôle, en intégrant les besoins de la population et en évitant la perpétuation de systèmes de gouvernance opaques et exclusifs.

