L’éducation en Haïti, le problème de tous mais une affaire de classe

Annelie Noel
Annelie Noel
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 De nos jours en Haïti, l’éducation se fait par catégorie et par classe sociale. Même l’ouverture des classes subie aussi cette influence néfaste, certaines écoles, surtout celles dite congréganistes, commencent à dispenser des cours depuis le mois d’août, elles offrent particulièrement des cours en ligne aux enfants.  

Certains parents sont en mesure de se procurer les équipements essentiels et de payer une assistance à leurs enfants, pourtant d’autres n’ont même pas l’opportunité de payer l’intégralité des frais d’entrée voire d’offrir aux siens les appareils électroniques adéquats tels qu’ordinateur, téléphone intelligent, tablette etc… L’électricité et la connexion internet sont des problèmes majeurs, c’est un luxe réservé aux plus aisés. 

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Entre autres, bon nombre d’écoles n’ont pas la possibilité d’offrir aux enfants ce niveau de technologie, voire un programme équivalent, ce qui crée une sorte d’inégalité au sein même de l’éducation. Un groupe d’enfants reçoivent une éducation au rabais contrairement à d’autres qui reçoivent une éducation de qualité et qui le plus souvent ont un chemin tracé au préalable pour eux, qui leur garantie une certaine marge de succès. Cette situation est le résultat de la manière dont on gère l’éducation en Haïti, principalement de la gestion du Ministère en charge de l’éducation. 

Une absence remarquée du ministère de l’Éducation nationale 

Le ministère de l’Éducation nationale d’Haïti, chargé de la gestion de l’éducation et qui doit procéder à une sorte d’équilibre, n’a pas suffisamment d’autorité sur les établissements scolaires. Chaque groupe impose sa loi, certaines écoles suivent un programme et d’autres n’ont même pas le temps de voir l’intégralité de leur programme. À côté de toutes ces complications, se range l’instabilité socio-politique du pays. 

Des programmes éducatifs, qui ne répondent pas assez et n’apportent aucune solution réelle, sont entre autres des preuves de l’échec du MENFP. 

Des écoles non répertoriées, ni inscrites au registre du ministère qui dispensent des cours de piètre qualité aux écoliers pullulent de part et d’autre. Imaginez un tel déséquilibre de l’éducation haïtienne et la passivité du ministère face à un acte si odieux. 

Les programmes de subvention qui ne servent quasiment à rien quand on sait que ceux qui en profitent sont les grandes librairies qui empochent la majeure partie de l’argent pour un très faible taux de réduction. Histoire de subvention ou de corruption que seul l’État haïtien peut fournir les explications essentielles. 

Entre ministère de l’Éducation nationale et Ministère de rien du tout, l’éducation même est en pleine confusion. Certains ministres ont tenté d’améliorer la situation, mais toujours l’affaire revient au même niveau que toutes les autres institutions gouvernementales, wès k ap kale.  

Différents types de formation 

Là où les autorités n’ont aucun pouvoir, où les plus riches font la loi, inévitablement les plus faibles seront toujours les principales victimes. C’est malheureusement le triste scénario de l’éducation en Haïti. 

Chaque école offre un modèle d’éducation différent. Pour les écoles de luxe et les congréganistes, elles sont souvent plus structurées, et sont beaucoup plus exigeantes financièrement que certaines autres. Elles utilisent des ouvrages beaucoup plus explicites, et ont accès à un meilleur programme, on dirait qu’elles sont des bénéficiaires priorisées par le MENFP. 

Certains établissements privés ainsi que leurs responsables font de leur mieux afin d’offrir une bien meilleure éducation aux enfants quoique tous ne réussissent pas. La cause de l’échec de certains d’entre eux se résume au manque de mains d’œuvre. Si certains peuvent s’offrir les services des normaliens hors pair comme les établissements de luxe ou les congréganistes, d’autres ne peuvent qu’au prix d’une pitance se procurer des jeunes finissants de l’école normale supérieure, sans aucune expérience et parfois de simples élèves qui ont à peine obtenu le diplôme d’études secondaires 

Pour les lycées, ils sont souvent fréquentés par des enfants pauvres qui n’ont pas assez de moyens pour recevoir une éducation de qualité, et les professeurs dispensent les cours quand bon leur semble, sous prétexte que l’État ne paie pas suffisamment ou ne paie pas régulièrement. Ces prétendus professeurs trahissent l’éthique quoiqu’il faut l’admettre, l’État ne se soucie guère de ces gens issus de la classe défavorisée, et qui eux aussi souffrent à cause de l’incompétence des responsables. 

L’échec de la réforme éducative 

Si l’on prend le cas du programme du nouveau secondaire, selon certains éducateurs, Haïti a besoin d’une reforme éducative, le nouveau secondaire pourrait effectivement être une option, mais malheureusement les responsables de ce programme ont encore échoué. Ce programme, est très coûteux, il demande beaucoup de techniques, et de recherches scientifiques. Et comme conséquence, certaines écoles l’utilisent et d’autres ne l’embrassent pas ou encore ne sont pas en mesure de s’adapter à ce programme. 

D’autre part, pour le programme d’éducation gratuite, on constate que la majorité des écoles sont des écoles privées et payantes. Ainsi, un grand nombre d’enfants n’ont pas accès à l’école, par contre, les dirigeants ne font que s’enrichir avec ses programmes. 

La réouverture des classes fixée pour le lundi 4 octobre prochain, pour les écoles du département du Sud, des Nippes et de la Grand-Anse touchées par le séisme dévastateur du 14 août dernier. Elle se fera dans un contexte extrêmement difficile, tant sur le plan économique, sécuritaire et structurel. 

Toutefois, afin de pallier à cette situation, le MENFP doit mettre en place des mécanismes pouvant favoriser le bon fonctionnement de ces écoles tout en offrant une éducation de qualité à tous les enfants. 

En somme, l’éducation doit être pour tous et non pour un petit nombre, car normalement, dans un pays qui s’organise, l’éducation ne doit pas être une simple priorité, mais la priorité. Elle doit être incluse dans la politique gouvernementale d’un pays. Une éducation de bonne qualité est la clé de certains problèmes de base. 

 

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Posté par Annelie Noel
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Originaire de Port-au-Prince. Diplômée en communication et en hôtellerie. Elle est une journaliste motivée, attentive, dynamique et rigoureuse. Elle s'accroche beaucoup à son métier de journaliste.