Les enfants des rues oubliés en pleine insécurité

Pooshy Rosana
ParPooshy Rosana- Rédacteur
les enfants des rues oubliés en pleine insécurité

Déjà plusieurs années depuis que l’insécurité fait rage en Haïti, et l’année 2023 connaît un pic sans précédent face à ce problème. Alors que le banditisme urbain gagne du terrain, des personnes tentent de se protéger des criminels tandis que d’autres non, et dans cette liste figurent les enfants des rues, démunis de tous.

Sur les chaussées et trottoirs, sur les places publiques ou sous les ponts de la capitale Port-au-Prince, des milliers d’enfants, pour la plupart abandonnés par leur parent, vivent dans l’abandon, le dégoût et la misère, et cela, malgré l’insécurité actuelle.

Que ce soit au Centre-ville de Port-au-Prince, de Delmas, Tabarre, Pétion-ville, sans oublier sur les voies routières menant aux villes de province, la présence d’enfants sans-abris reste incontestée.

Entre garçons et filles, la concurrence pour ne pas mourir de faim reste rude autrefois, mais à présent, c’est pour ne pas mourir tout simplement. Malgré les temps qui courent, ils tentent de subvenir à leur besoin dans la mendicité, le recyclage et l’essuyage de voitures, et l’aire du Champ-de-Mars, non loin du Palais national, peut en témoigner. Toutefois, le vrai défi reste la tentation à ne pas être affilié à un gang.

En effet, les gangs armés s’adonnent à cette pratique depuis quelque temps : recruter des enfants [de rues] pour les utiliser comme soldat, bouclier ou espion communément appelé en créole « antèn ou toutè ». Ceux-ci sont récompensés par la suite avec de la nourriture, de l’argent, un lieu de logement de fortune ou se voient attribuer un grade quelconque au sein des gangs.

En 2022, l’Organisation des Nations-Unies avait exprimé son inquiétude face à la détérioration de la situation socio-sécuritaire d’Haïti, et « particulièrement du recrutement de mineurs au sein des gangs ».

Déjà confrontés à la drogue, à la prostitution et au trafic d’êtres humains, ils font face à l’irresponsabilité de l’État même si l’Institut de Bien-être social et de recherches (IBESR) tente de remédier à la situation, selon ses moyens, à la discrimination, la stigmatisation, entre autres. Leurs droits fondamentaux sont bafoués : pas d’éducation, de logement, de soins de santé ou d’alimentation.

Témoins des rues qui les hébergent les soirs et qui les nourrissent le matin, les enfants des rues sont là sous le regard de tous, mais sont ignorés de la majorité des regards. Un phénomène qui s’est surtout dupliqué depuis le séisme du 12 janvier 2010, l’irresponsabilité parentale, et avec la fermeture de plusieurs orphelinats hors-normes ou à cause de l’insécurité.

Avec l’augmentation du nombre d’enfants démunis dans les rues, des milliers, ne devrait-on pas craindre pour l’avenir d’Haïti. Certes, ils sont des pions de la nouvelle génération, mais laquelle ? Des bons citoyens ou des bandits ?

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Pooshy Rosana, journaliste-rédacteur à Netalkolemedia, caricaturiste et graphiste. Parallèlement, coach fitness. Adore la culture populaire, les documentaires et la musculation.