SumFest a relevé le défi  

Revital Lynch
Revital Lynch
Photo : Model FM
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Après deux ans d’absence, dans une conjoncture plutôt difficile et compliquée, l’équipe de SumFest a renoué avec leur traditionnel rendez-vous d’été. Ce 31 juillet 2022, Wahoo Bay a reçu ce qui aurait dû être la 5e édition du plus grand festival balnéaire d’Haïti, SumFest. Compte tenu des diverses prédictions, dont la plupart négatives, le public a-t-il répondu à l’appel ? Les organisateurs, ont-ils vraiment relevé le défi ?  

“Pa gen de tankou SumFest…SumFest encore, Sumfest toujours”, c’est déjà la déclaration d’un festivalier avec un fou rire et qui par prudence avait pris le soin de rentrer ce matin, il raconte qu’il avait dormi à Saint-Marc parce qu’il n’avait pas eu l’occasion de réserver une chambre d’Hôtel. Si l’on croit la déclaration de ce dernier, c’est quand même une réussite bien que l’affluence du public n’ait pas eu le même impact que d’habitude pour cette édition.   

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“Gen moun ki t ap kontan la men peyi a pa ba yo chans, genyen tou ki pa gen mwayen an, mwen menm se pa mwayen an m genyen vrèman men se premye fwa mwen te deside ale nan SumFest, pou jan yo te toujou konn ap pale m de Festival sa, mwen te vle fè eksperyans lan, epi li fèt tou prè m lan”, c’est ce qu’a déclaré, Junior, un jeune originaire de Saint-Marc.  

S’il fallait tout faire avec le souci que l’insécurité va tout déstabiliser, il n’y aurait aucune initiative positive dans le pays. Comme disait Brégard Anderson, le 24 juillet dernier, dans la conférence de presse annonçant l’événement : “C’est le rôle de l’Etat de garantir la sécurité”. D’ailleurs, si l’État ne prend pas ses responsabilités, ce n’est pas aux citoyens de les assumer à sa place. Brégard avait même ajouté qu’il est de la responsabilité de l’État d’accompagner ces genres d’événement, vu la note positive qu’ils apportent au pays.  

“Nan sa nou ye la si nou pa pran plezi a n ap pèdi tèt nou, nou deja pèdi tout sans lavi, y ap teworize nou, pa gen gwo evenman vre pou moun pran plezi yo…”, déclaration de Clara qui souhaiterait tenter à nouveau l’expérience s’il le faut, le risque, c’est notre train de vie, selon la jeune festivalière : “Bon moun anndan lakay yo ap pran bal w ap mache nan lari w ap pran bal, si m mouri nan plezi zafè… SumFest li ye tonton !”, conclu cette jeune femme qui parait-il s’amusait à fond.  

“Tout ne peut faire l’objet d’une cause politique”, nous a confié un musicien, dans l’anonymat. “Nombreux sont ceux qui se cachent derrière l’écran de leurs portables et prônent une révolution qui risque de ne jamais voir le jour. Ils alimentent des campagnes de boycottage qui ont réduit le carnaval à une cause politique, ceux qui soutiennent ces campagnes par contre, prennent le chemin de leurs activités au quotidien et ils peuvent se payer la grande majorité de ce qu’ils souhaitent, d’autres ne font que suivre un courant, mais ne dépendent que de quelques dollars en provenance de l’étranger… et les musiciens dans tout ça ? Avec quoi vont-ils payer leur loyer, la scolarité des leurs enfants ? Devrons-nous vivre dans la mendicité ?” Ce dernier avoue qu’il n’a pas été parmi les artistes qui ont performé au Festival, mais il n’est pas contre ceux qui y ont été et même s’il fallait performer devant 6, 10 ou 30 personnes, l’idée, c’est de maintenir l’événement et de ne pas laisser la politique mettre fin à notre envie de vivre.  

Le chauffeur de taxi, malgré l’insécurité, gagne les rues et se fait le maximum d’argent avec ou sans crise de pétrole, le commerçant fait de même, les restaurants, les hôtels, les maisons de transfert ainsi que les banques ouvrent leurs portes au moins six jours sur sept pour en quoi une seule journée pourrait nuire ? Question que notre ami l’artiste a ajouté à sa réflexion sur la polémique autour de SumFest. 

Contre toute attente avec plus d’une trentaine d’artistes, groupes musicaux et disc-jockey, une première depuis le lancement du festival en juillet 2017, SumFest a défié toutes les suspicions et relevé le défi malgré tout. Si le public était un peu timide au début du Festival, la fin a été bien plus qu’intéressante.  

Ceux qui n’y ont pas été ne peuvent que regretter leur absence, car SumFest l’a bel et bien fait. L’effort mérite que les langues se délient pour dire comme Clara SumFest li ye tonton ! Rendez-vous juillet 2023. 

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Ray est un jeune web entrepreneur et journaliste évoluant dans le monde du multimédia. Il est un passionné de la technologie et de ses sciences connexes.