Le Conseil de Présidentiel de Transition (CPT) est-il devenu un simple spectateur de la tragédie que vivent les citoyens de Nazon et de Solino ? Alors que les quartiers de Port-au-Prince sont soumis au règne impitoyable des gangs armés, l’inaction des autorités de transition suscite l’indignation. La population, prise au piège de cette violence endémique, n’a nulle part où se tourner, nulle part où se réfugier. Cette crise humanitaire grave et persistante, qui a transformé la capitale haïtienne en un territoire de non-droit, appelle une réponse claire et immédiate.
Chaque jour, des familles entières sont contraintes d’abandonner leur maison et de fuir dans des conditions précaires pour échapper aux assauts brutaux des groupes armés qui contrôlent désormais plusieurs quartiers. Le sentiment d’abandon est profond. L’Etat, à travers le CPT, dont la mission première est de protéger les citoyens et de faciliter une transition stable, semble désespérément absent. Comment expliquer le silence assourdissant du gouvernement de transition face aux cris de détresse de milliers d’Haïtiens ?
Cette situation soulève une question cruciale : quelle est la véritable responsabilité du CPT dans cette crise ? En n’intervenant pas, le Conseil semble manquer non seulement à sa mission de transition démocratique, mais aussi à son devoir fondamental de protection des civils. Nazon et Solino, autrefois quartiers animés de Port-au-Prince, sont aujourd’hui des champs de bataille, où les civils sont livrés à eux-mêmes, sans le moindre filet de sécurité.
L’inaction du CPT met en évidence une crise de gouvernance et d’autorité, les institutions publiques ne remplissant pas leur rôle de garant de la paix sociale. En l’absence d’une stratégie claire et d’un plan d’action concret, la population ne peut que constater la démission de ses dirigeants et la dégradation continue de la sécurité dans son pays. Le peuple haïtien, déjà éprouvé par des années d’instabilité, ne mérite pas un tel mépris.
Si le CPT ne prend pas rapidement les mesures nécessaires pour rétablir la sécurité dans les zones contrôlées par les gangs, elle restera dans l’histoire comme un acteur passif face à la souffrance de son peuple. Il est temps que le CPT prenne ses responsabilités et agisse concrètement pour libérer les citoyens de Nazon, Solino et de tout Port-au-Prince du joug des gangs.

