Alors que la transition politique devrait être synonyme de renouveau et de stabilité, l’avidité des conseillers proches du Président jette une ombre inquiétante sur l’avenir du pays. Au lieu d’assumer leur rôle de facilitateurs, ces « conseillers présidentiels » semblent avant tout motivés par des intérêts personnels, au risque de compromettre l’ensemble du processus.
La récente éviction de Garry Conille n’est que le symptôme d’un problème plus profond. Avec son départ, le Conseil présidentiel de Transition (CPT) voit une opportunité de renforcer son emprise sur les ministères stratégiques. L’enjeu est de taille, car les portefeuilles de la Justice et de la Sécurité publique, des Affaires étrangères, des Finances, de l’Intérieur et des Collectivités territoriales concentrent les leviers du pouvoir. Cette bataille acharnée pour le contrôle de ces ministères révèle une lutte de pouvoir où l’intérêt collectif passe au second plan.
Les membres du CPT, censés accompagner et conseiller le nouveau chef du gouvernement Alix Didier Fils-Aimé, sont engagés dans une partie d’échecs où chaque pièce avancée vise à consolider son influence. Ces manœuvres se font souvent au détriment d’une gouvernance efficace. Ce blocage institutionnel compromet la capacité de l’Etat à répondre aux besoins de la population, car la mise en place du cabinet ministériel, pilier de l’action gouvernementale, reste en suspens.
Il est essentiel de rappeler aux conseillers que leur rôle est de soutenir le gouvernement et non de le prendre en charge. Les ambitions personnelles, si elles continuent à dicter la conduite des responsables de la transition, risquent de plonger le pays dans une crise institutionnelle prolongée, au détriment des réformes nécessaires à la stabilité.
Au-delà des noms et des postes, ce sont les principes de transparence et de service public qui sont en jeu. Tant que les conseillers présidentiels continueront à privilégier leurs propres intérêts, la transition restera au point mort, et avec elle tout espoir de renouveau.

