La presse haïtienne, objet de toutes les menaces

Pooshy Rosana
Pooshy Rosana
Photo : UN/MINUSTAH
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Ces dernières semaines, l’insécurité affecte le quotidien de toute une population, et parmi elles les journalistes, qui ne sont pas épargnés autant par les bandits que par les forces de l’ordre.

Hier, lundi 31 Octobre, le journaliste Romelson Vilcin a été tué par la police à l’intérieur même d’un commissariat à Delmas 33, alors qu’il se solidarisait avec un confrère, Robest Dimanche arrêté illégalement plus tôt à Delmas 47 dans l’exercice de ses fonctions.

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Rolmelson, originaire de Port-de-Paix, a été tué, non pas d’une balle, mais après avoir reçu une bonbonne de gaz lacrymogène à la tête. Il a rendu son dernier souffle sur place. Toutefois, l’institution policière a tenté de se laver les mains en affirmant que celui-ci est mort des suites de ses blessures à l’hôpital Bernard Mevs, à Village Solidarité.

Sa mort survient alors que le journaliste Roberson Alphonse est hospitalisé depuis le 25 octobre dernier, après avoir été touché par balles suite à une attaque ciblée à Delmas 40 B. Le journaliste est sorti sain et sauf, mais a dû subir des interventions chirurgicales, a-t-on appris.

Toujours sur la même pente, la presse pleurait déjà l’assassinat de Gary Tess, animateur de l’émission sociopolitique « Gran Lakou » sur la station locale le Bon FM, dans des circonstances plus que douteuses. Porté, disparu depuis le 18 octobre dernier, son cadavre avait été retrouvé lundi soir sous un pont dans la 4e section communale des Cayes.

La presse en Haïti est tourmentée depuis quelque temps, plusieurs travailleurs de presse sont violés, battus et tués sur le terrain, bien que les auteurs sont clairement identifiés, malheureusement la justice tarde encore à les protéger des abus.

Au cours des mois précédents, plusieurs journalistes ont été tués par des bandits armés dans plusieurs coins de l’aire métropolitaine de Port-au-Prince. Outre Gary Tess, dont les circonstances de sa mort ne sont pas encore élucidées, Frantzsen Charles et Tayson Latigue ont été exterminés par des bandits armés de G9, le 12 septembre dernier. Ces derniers ont connu pire que John Wesley Amady et Wilguens Louissaint, tués par le gang armé dirigé par Ti Makak, à Laboule 12.

Parallèlement, plusieurs professionnels de l’information ont aussi été la cible de policiers, particulièrement lors des mobilisations « Bwa Kale » lancées contre le pouvoir en place.

Même si plusieurs associations de journalistes, dont l’ANMH (Association nationale des médias haïtiens), l’AJH (Association des journalistes haïtiens), dénoncent la violation des droits des journalistes, ceux-ci sont quotidiennement menacés dans l’exercice de leur fonction.

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Pooshy Rosana, journaliste-rédacteur à Netalkolemedia, caricaturiste et graphiste. Parallèlement, coach fitness. Adore la culture populaire, les documentaires et la musculation.