Le 3 avril 1986, les femmes haïtiennes ont écrit l’histoire en organisant un mouvement féministe historique pour protester contre la violence sexuelle et politique dans le pays après la chute de la dictature de Jean-Claude Duvalier. Cette journée, qui est connue sous le nom de « 3 avril », est devenue un symbole de la résistance et de la lutte pour les droits des femmes en Haïti.
Après le long silence que la dictature Duvalier avait imposé à tout le pays, les féministes ont repris le flambeau de la lutte depuis 1986. Désormais, elles se mobilisent chaque jour pour prévenir les violences faites aux femmes, sensibiliser et informer la population, encourager les plaintes et rapports, soutenir les survivantes et leurs familles, exiger le respect des droits des femmes, dénoncer l’inaction de l’État qui alimente l’impunité, laissant le champ libre aux contrevenants. La mobilisation des femmes haïtiennes était nécessaire pour faire face à une situation où elles étaient souvent marginalisées et exclues de la vie politique et sociale du pays.
Le mouvement du 3 avril a culminé avec une grande manifestation à Port-au-Prince, où des milliers de femmes ont défilé dans les rues en portant des pancartes et en criant des slogans pour demander l’égalité des sexes et la fin de la violence contre les femmes.
« Ce que nous disions en 1986, c’est qu’il ne pouvait y avoir de démocratie sans femmes en Haïti. Il était important pour nous les femmes de prendre nos responsabilités après les moments difficiles des Duvalier. Mais aujourd’hui, nous continuons à nous battre pour montrer la voie aux filles et aux autres femmes de notre société », a déclaré Danièle Magloire, figure emblématique du mouvement féministe haïtien.
Les femmes ont également organisé des sit-in et des grèves de la faim pour attirer l’attention sur leur cause.
Le mouvement a eu un impact significatif sur la société haïtienne. Les efforts des femmes haïtiennes ont finalement abouti à la création de la première organisation féministe du pays, le Groupe de Recherche et d’Action pour la Promotion de la Femme (GREFAP).
Cette organisation a travaillé à sensibiliser le public aux questions de violence sexuelle et de discrimination contre les femmes, ainsi qu’à promouvoir l’éducation et l’autonomisation des femmes dans tous les domaines de la vie.
Aujourd’hui, le mouvement du 3 avril est commémoré en Haïti comme une journée de la lutte pour les droits des femmes et de la promotion de l’égalité des sexes.
Cependant, il reste encore beaucoup à faire pour lutter contre la violence sexuelle et la discrimination envers les femmes en Haïti et pour assurer leur pleine participation à la vie politique et sociale du pays. Le 3 avril reste un rappel de l’importance de la mobilisation et de la résistance pour défendre les droits des femmes et de tous ceux qui sont marginalisés dans la société.


