« Mezanmi bandi pran peyi a » : le cri désespéré d’une partie de la population 

Pooshy Rosana
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PHOTO : GETTY IMAGES / AFP / RICHARD PIERRIN
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La majorité des Haïtiens est retenue en otage sur leur propre territoire, dans leur propre maison. Les gangs armés occupent Port-au-Prince et plusieurs provinces et les combattent demeure un travail d’Hercule.  

Depuis l’assassinat de Jovenel Moïse au pouvoir en juillet 2021, la situation socio-politique et sécuritaire d’Haïti plonge dans le chaos le bon déroulement des activités du quotidien, et son règne continue de hanter le sommeil de la population. Apeurée, une partie dénonce les conditions de vie actuelle qu’elle qualifie d’ « enfer ». 

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Dans plusieurs quartiers de Port-au-Prince, particulièrement à Village Solidarité, Cité Okay, à Nan Maka (Delmas) et à Nan Faustin, Delmas 75, entre autres, plusieurs personnes ont exprimé à notre équipe leur ras-le-bol face à la gangstérisation du pays. 

« Se pa mwen ki pou di peyi a pa bon, pou yon moun wè l pa bon. Lavi a chè, y ap kidnape epi touye moun, epi pou yon moun ap pale p de kè kontan », a lancé Maryse, un quinquagénaire, à Village Solidarité. Commerçante depuis 23 ans, elle avoue ne plus avoir la force de supporter les mauvaises nouvelles. 

Des déclarations similaires ont été formulées par plusieurs autres résidents des zones susmentionnées. Toutes sont découragées par l’insécurité sui sévit actuellement dans les artères de la zone métropolitaine de Port-au-Prince. 

En effet, les bandits opèrent en toute quiétude à Port-au-Prince et dans plusieurs provinces. Ces derniers pillent, kidnappent et tuent comme beau leur semble : l’État haïtien observe un silence total et tarde à agir pour garantir l’ordre dans la cité.  

À noter toutefois que la Police Nationale d’Haïti (PNH) s’est lancée dans une véritable guerre contre des criminels de premier rang à Croix-des-Bouquets, Bas Delmas, Pétion-ville, entre autres, mais remédier à la situation n’est pas une mince affaire. Les bandits sont équipés d’armes lourdes ainsi que d’autres matériels de l’institution policière volées. 

Si plusieurs malfrats ont été stoppés ou appréhendés par les forces depuis la semaine écoulée, faut-il déduire toutefois que la PNH se décide enfin à combattre l’ « enfer » imposée par les hors-la-loi sur le territoire haïtien ou s’agit-il tout simplement d’une apparence ? 

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Pooshy Rosana, journaliste-rédacteur à Netalkolemedia, caricaturiste et graphiste. Parallèlement, coach fitness. Adore la culture populaire, les documentaires et la musculation.