Le 11 novembre 2024, la communauté journalistique haïtienne a frôlé la catastrophe. Le journaliste Wandy Charles, connu pour ses enquêtes audacieuses et son engagement pour la vérité, a été victime d’une violente attaque alors qu’il était réuni avec sa famille à leur domicile de Vivy Michel. Des hommes armés ont ouvert le feu sur leur véhicule, une scène de terreur qui aurait pu leur coûter la vie.
L’incident est d’autant plus tragique que l’attaque a touché un proche de Wandy Charles. Son frère, Mackenson Calixte Charles, professeur de journalisme à l’ISNAC, a été grièvement blessé. Touché par deux balles, il a dû subir plusieurs opérations pour tenter de stabiliser son état, mais reste dans un état critique. Cet événement ne fait qu’ajouter à l’angoisse grandissante d’une famille déjà fragilisée par la situation sécuritaire instable du pays.
L’agression du journaliste et de sa famille intervient alors que les bandes armées se sont multipliées en Haïti, semant la terreur dans les quartiers populaires comme dans les zones plus huppées. Ces groupes criminels, souvent associés à des intérêts politiques, n’hésitent pas à s’en prendre à ceux qui tentent de dénoncer leurs activités. Wandy Charles, en tant que rédacteur en chef de VantBefinfos, a toujours critiqué ouvertement la dynamique du pouvoir en Haïti, ce qui le place de facto sur la liste noire de ces acteurs violents.
Face à cette recrudescence de la violence, la question qui se pose est celle de l’inaction des autorités. La Police Nationale d’Haïti, dirigée par Normil Rameau, semble incapable d’enrayer cette spirale de violence. Alors que des citoyens innocents et des journalistes courageux sont régulièrement pris pour cible, la justice semble rester silencieuse, aveugle aux appels à l’aide. Le DG de la PNH et le gouvernement haïtien dans son ensemble restent désespérément silencieux, comme si l’impunité était devenue la norme dans un pays de plus en plus dévasté.
Il est difficile de ne pas voir dans cette attaque une tentative d’intimidation de la liberté de la presse. En Haïti, où la liberté d’expression est déjà fragile, chaque acte de violence à l’encontre des journalistes constitue une atteinte à la démocratie. La population assiste, impuissante, à la lente érosion de ses droits fondamentaux, dont celui d’être informé, tandis que les voix dissidentes sont muselées par les balles et les menaces.
Le cas de Wandy Charles et de sa famille est loin d’être un incident isolé. De nombreux journalistes, militants et citoyens engagés ont déjà payé de leur vie ou de leur sécurité leur lutte contre l’injustice. Le climat de terreur instauré par les gangs, combiné à l’indifférence des autorités, a fait de nombreux martyrs parmi ceux qui osaient s’exprimer. Pourtant, malgré l’intensification de cette violence, aucune mesure efficace n’a été prise pour protéger les journalistes, censés être les sentinelles de la vérité.
Dans ce contexte, il est urgent que la communauté internationale et la société civile haïtienne se mobilisent pour défendre la liberté de la presse et garantir la sécurité des journalistes. Il est crucial que des mesures concrètes soient mises en place pour éradiquer les gangs, rétablir l’ordre public et surtout redonner à la justice la place qui lui revient. Tant que les armes parleront et que la justice se taira, Haïti ne pourra espérer un avenir meilleur.

