Des manifestations ont eu lieu ce vendredi 21 Octobre 2022 dans le pays contre une éventuelle intervention des forces étrangères dans le pays, après que le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté à l’unanimité ce vendredi une résolution imposant des sanctions et l’embargo contre les gangs.
Avec des affiches portant des slogans comme « Down the UN » ou encore « non à l’occupation », des centaines de citoyens haïtiens ont parcouru les rues de Port-au-Prince, la capitale du pays, entre des pneus enflammés et des cris contre une éventuelle intervention des forces militaires étrangères.
Si, ces derniers jours, les manifestants lançaient des messages contre les États-Unis et en faveur de la Russie, aujourd’hui la colère s’est dirigée en particulier contre les Nations-Unies.
« À bas le BINUH, à bas l’ONU, à bas le Core Group », peut-on lire sur des banderoles, faisant allusion au Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH) et au groupe composé d’ambassadeurs de divers pays et de représentants du L’ONU et l’Organisation des États américains (OEA) initialement créées en tant qu’entité facilitant le travail de la Mission des Nations unies pour la stabilisation d’Haïti (Minustah, 2004-2017).
Les manifestants, furieux, ont affirmé que « les blancs ne doivent pas toucher à la terre de Dessalines », le père de la patrie, en référence à une éventuelle intervention étrangère.
Ce mouvement de protestation a eu lieu peu de temps après, malgré les réserves initiales de la Russie et de la Chine, le Conseil de sécurité de l’ONU a approuvé à l’unanimité une résolution rédigée par les États-Unis et le Mexique sur l’imposition de sanctions et d’un embargo sur les armes contre les gangs qui maintiennent le pays bloquer.
Le texte établit également l’interdiction de voyager hors du pays aux dirigeants de ces groupes et le gel de leurs avoirs bancaires.
Le 7 octobre dernier, le gouvernement dirigé par le Premier ministre Ariel Henry a demandé l’appui d’une force armée internationale pour débloquer les routes principales et les ports et garantir la libre circulation de l’eau, du carburant et des fournitures médicales et, deux jours plus tard, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a proposé l’envoi une « force d’action rapide » composée de militaires d’un ou plusieurs pays pour aider l’exécutif haïtien à reprendre le contrôle de Port-au-Prince aux gangs et à débloquer les approvisionnements.
Ces gangs, qui contrôlent de vastes zones du pays, y compris d’importantes infrastructures et voies de communication, maintiennent le principal terminal pétrolier de Port-au-Prince bloqué, de sorte que l’activité des institutions, des banques et des hôpitaux est paralysée, ainsi que la production et distribution d’eau potable. Cela se produit précisément au moment où le choléra est réapparu en Haïti et au milieu d’une crise sociopolitique et économique aiguë dans le pays.


