POLITIQUE

« Assistance mortelle » : Raoul Peck s’en prend-il à l’État haïtien depuis par le passé ? 

Raul Peck est un cinéaste haïtien très reconnu, ancien ministre de la culture d’Haïti, il a eu le privilège de documenter de l’intérieur, les démarches politiques après le séisme du 12 janvier 2010. Ses analyses l’ont conduit à critiquer de manière très dure la mécanique de l’aide internationale ainsi que les hommes politiques dans son documentaire « ASSISTANCE MORTELLE », sorti en 2013, ainsi que dans son film « Meurtre à Pacot »  

Raul Peck raconte la période post-séisme du 12 janvier 2010 en Haïti, plus précisément à Port-au-Prince. Il fait état de la gestion et la distribution des aides matérielles et financières internationales dont Haïti a été l’objet. Il expose les difficultés liées aux aspects économiques, politiques et sociaux de la gestion et la distribution des aides humanitaires. Cette assistance qui devrait servir pour Haïti de s’en sortir du sous-développement a été pour elle une assistance mortelle, car elle a été mal gérée par le gouvernement haïtien et n’a pas produit les résultats escomptés, non seulement pour la population qui espérait trouver un mieux-être social et économique, mais également pour l’État haïtien qui espérait arriver à la reconstruction du pays, Port-au-Prince en particulier.  

Raul Peck décrit l’État Haïtien comme un État faible pour deux raisons. Selon le cinéaste, l’État haïtien n’avait aucun plan pour faire face à la situation et ne pouvait pas en avoir non plus, car l’État haïtien n’avait pas les moyens financiers pour supporter un plan de reconstruction. En effet, par la précarité économique et la surprise du séisme, la réaction de l’État fut lente et faible par faute de moyens techniques et financier. La majeure partie des institutions républicaines sont affectées par le séisme, l’État haïtien devient quasi-inexistant, sans infrastructures et sans argent. D’autre part, dans les négociations avec les instances internationales, Haïti ne pouvait pas protéger ses intérêts de peuple et les instances internationales ont tous décidé à sa place, selon lui l’État haïtien n’avait pas la capacité du choix. La quasi-totalité des aides internationales passent par les ONG et non le gouvernement haïtien. « C’est humiliant de voir un État indépendant qui vit à la merci de l’aide internationale et ne peuvent même pas décider sur comment faire la gestion et la distribution des aides », a déclaré Raul Peck.  

Raul Peck dénonce les autorités nationales qui devraient être en première ligne, ont substitué leurs places aux divers ONG et Organisations Internationales plus précisément la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti CIRH présidé par l’ancien président américain, Bill Clinton et le premier ministre d’alors Jean Max Bellerive. Selon lui, cette commission a dépensé beaucoup de milliard, mais pour récolter rien comme résultat, quasiment, c’était l’échec totale de cette commission. Du côté international, Raul Peck montre que les États et organisations du monde entier voulaient aider, mais sont méfiants vis-à-vis des autorités haïtiennes pour cause de corruption. Les aides financières passent par leurs agents et représentant sur le terrain, mais les aides matérielles comme les bouteilles d’eau et autres produits de premières nécessitées qui sont transportées en avion représentaient un manque à gagner pour le pays, car ce sont les entreprises étrangères qui gagnent les contrats, alors que des entreprises haïtiennes pouvaient les fabriquer et en tirer des bénéfices.  

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Peck a durement critiqué le gouvernement haïtien d’alors parce qu’il a accepté de rentrer tête baissée dans un projet international contre les intérêts du pays. Pour lui, cela est du : d’une part, en tant que peuple, nous ne nous sommes jamais décidés sur ce que nous voulons vraiment et travailler dure pour l’accomplir et d’autre part, les autorités haïtiennes développent une pathologie du blanc en sens que le bon, le vrai, le réel ne peut venir qu’uniquement du blanc et cherchent à tout prix à les obéir. M. Peck montre que cette opération d’assistance qui devrait être à l’origine d’un tournant économique et sociale s’est vite transformé en pillage au détriment du peuple haïtien qui porte encore le fardeau de cette opération de corruption.

Raul Peck propose aux politiciens de prendre en main le destin du peuple en perfectionnant et de cultiver l’amour du pays pour qu’enfin nous considérons l’intérêt d’Haïti supérieur aux intérêts individuels afin de travailler pour le bonheur du pays. 

REDACTION : Mackendy FILDERICE 

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Mackendy Filderice
Étudiant en sciences politiques à l'Université Quisqueya, Journaliste-Rédacteur à Netalkolemedia, Publiciste, Humanitaire. Amoureux de la vie et de l'apprentissage.