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Contrôlé par des gangs et piégé par des crises politiques, Haïti ne peut pas respirer 

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Les gangs en Haïti sont très forts, depuis quelques années ils occupent une grande partie de la capitale haïtienne, leur mode de fonctionnement est l’enlèvement, le braquage, le meurtre et le viol. 

En Haïti, une très grave crise politique, sociale et économique sévit depuis des mois : de février à aujourd’hui il y a eu une évasion massive dans la prison civile de la Croix-Des-Bouquets, une banlieue de la capitale et l’assassinat du président Jovenel Moïse, qui a également été rejoint par un tremblement de terre et une tempête tropicale. Mais il s’est aussi passé quelque chose d’autre, dont on parle moins : des pans entiers du Pays, et une grande partie de la capitale, se sont retrouvés sous le contrôle de gangs criminels, qui ont exploité des années d’alliances et de liens avec les politiciens haïtiens pour accroître leur pouvoir. 

Les gangs criminels existent en Haïti depuis des décennies. Ces derniers mois après l’assassinat du président Jovenel Moïse le 7 juillet ils se sont pourtant renforcés, notamment à travers des kidnappings et des meurtres : on parle de près de 800 kidnappings et de plus de 300 meurtres depuis le début de cette année seulement. 

Selon les données de l’organisation haïtienne des droits humains, le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), il existe aujourd’hui environ 90 gangs criminels opérant dans le pays. Les neuf plus puissants sont réunis dans une coalition, appelée « G9 an fanmi e Alye », dirigée par l’ancien policier Jimmy Chérizier, dit « Barbecue ». Aujourd’hui, ces groupes contrôlent les routes et les ports, et ont bloqué l’approvisionnement en carburant. Entre autres, plusieurs hôpitaux, banques et les compagnies de téléphonies ont cessé de fonctionner. 

Les conséquences ont été très graves. Étant donné que le réseau électrique du pays n’est pas très fiable, le carburant diesel est essentiel pour faire fonctionner les nombreux générateurs qui sont utilisés pour alimenter un grand nombre d’installations, y compris les hôpitaux. Dans un pays où le système de santé est déjà très faible, le manque de carburant entraîne la fermeture des hôpitaux. 

Le manque de carburant ne permet pas de faire fonctionner toutes les machines qui garantissent la survie des patients les plus graves, et moins de la moitié des ambulances. Certains hôpitaux sont venus s’organiser avec des matelas posés au sol pour laisser dormir leurs employés directement dans la structure ; d’autres essaient de travailler autant que possible avec les lumières éteintes, pour économiser de l’énergie. 

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 Le manque de carburant conduit également de nombreuses banques à fermer ou à n’ouvrir que sporadiquement. Les magasins ferment, ils ne peuvent pas garder leurs lumières et leurs réfrigérateurs allumés, et les antennes relais de téléphonie mobile s’arrêtent, laissant le pays de plus en plus isolé. 

 Environ 60% de la population haïtienne vit dans la pauvreté et près de la moitié survit grâce à l’aide humanitaire, qui est également entravée par les gangs criminels qui contrôlent le territoire. Bruno Lemarquis, coordinateur de l’aide apportée au pays par les Nations Unies, a déclaré que son travail dépend en grande partie de la volonté des gangs de le laisser faire. 

 Entre autres, les bandes criminelles compliquent le travail des chauffeurs de transports en commun, qui ont récemment appelé à une grève nationale pour demander au gouvernement de reprendre le contrôle des rues et de garantir les postes de police dans les zones contrôlées contre les criminels. Cependant, le gouvernement ne semble pas en mesure de garantir la sécurité. 

La situation est particulièrement critique à Port-au-Prince, mais les choses ne vont pas mieux dans d’autres régions du pays, qui subissent également les conséquences du blocus de carburant imposé par les bandes criminelles. Dans les zones plus périphériques, il est arrivé à plusieurs reprises que les habitants attaquent les véhicules qui passent, pour les faire arrêter et voler leur carburant. Dans le nord, un groupe de personnes a attaqué un camion chargé de fûts de carburant, obligeant le chauffeur à verser une partie du chargement avant de lui permettre de poursuivre sa route. 

La semaine dernière, le chef de gang « G9 an fanmi  e alye», Jimmy Chérizier, a déclaré que les groupes continueraient de bloquer l’arrivée de carburant jusqu’à la démission du Premier ministre par intérim Ariel Henry. “Si Ariel Henry démissionne à 8 heures du matin a dit Jimmy Chérizier à 8 h 05 les routes seront libres et les camionnettes pourront circuler et apporter du carburant à la ville 

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Ravensley Boisrond
Journaliste, amateur de littérature et de la photographie, grand passionné du multimédia

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