En Grande-Bretagne, traiter un homme de chauve relève du harcèlement sexuel 

Sam Sarah Devilus
Sam Sarah Devilus
Photo : Saint-Malo Maville
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Évoquer la calvitie d’un homme est une petite blague que nous faisons, parfois juste comme ça. Rien de bien méchant, dirait-on. Mais selon un tribunal en Grande Bretagne, cette blague n’est pas anodine. Traiter un homme de chauve est carrément un harcèlement sexuel.  

Cette décision a été prise par un tribunal du travail Britannique le vendredi 13 mai, après que Tony Finn ait porté plainte contre son ancien employeur qui l’a traité de chauve. Délibérant que le qualificatif était lié au sexe du plaignant, les trois juges traitant le dossier, atteints eux-aussi de calvitie, ont déterminer qu’il s’agissait d’un harcèlement sexuel. 

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« Commenter la calvitie d’un homme sur le lieu de travail équivaut à faire une remarque sur la taille des seins ou des fesses d’une femme. »a déclaré le tribunal. 

Tony Finn a travaillé près de 24 ans pour la British Bung Company, basée dans le West Yorkshire, qui fabrique des fermetures de fûts en bois.  Après son licenciement à la suite d’un incident avec son inspecteur, l’électricien a porté plainte contre son employeur qui l’avait traité de « connard chauve. » 

 Finn a mentionné au jury que le commentaire sur ses cheveux l’a plus contrarié que le langage qu’avait utilisé son patron. Par la suite, les juges ont déterminé qu’en qualifiant ouvertement le plaignant de chauve, la conduite de son superviseur portait atteinte à sa dignité et ce comportement créait un environnement intimidant pour lui. 

« Il est difficile de ne pas considérer que le supérieur hiérarchique du plaignant a prononcé ces mots dans le but de porter atteinte à sa dignité et de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant pour lui » 

Ont poursuivi les juges, tout en soulignant que l’employeur de Tony Finn a franchi une ligne rouge en faisant ces remarques sur l’apparence de ce dernier. Selon la cour, utiliser ces termes pour décrire une personne, constitue une sorte de discrimination. 

Les hommes sont plus touchés que les femmes par la calvitie qui est une forme d’alopécie, une maladie auto-immune qui fait en sorte que le corps humain rejette ses poils. Les juges ont alors précisé qu’il est plus probable qu’un homme soit visé par une remarque comme celle qu’a reçue Tony Finn. 

Une indemnisation lui sera versé après avoir gagné les procès pour licenciement abusif, licenciement injustifié et harcèlement sexuel. 

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