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Haiti-Pénurie de carburant : 300 enfants, 45 enfants  et 150 patients covid-19 risquent de mourir, selon l’UNICEF 

L’UNICEF Haïti affirme que 300 enfants, 45 femmes et 150 patients COVID-19 ont besoin de soins d’urgence dans les centres de santé et risquent de mourir si des solutions ne sont pas trouvées à la pénurie de carburant de plus en plus fréquente dont souffre l’île depuis des semaines en raison de l’insécurité. 

Plusieurs hôpitaux à travers le pays ont envoyé des messages SOS directement à l’UNICEF et à ses partenaires, à travers les médias et les réseaux sociaux, car ils manquent de carburant pour entretenir leurs groupes électrogènes et permettre à leurs services d’urgence de répondre de manière appropriée et efficace. 

« Avec l’insécurité qui règne à Port-au-Prince, la vie de nombreuses femmes enceintes et nouveau-nés est en danger car les hôpitaux qui doivent leur prodiguer des soins vitaux ne peuvent pas fonctionner normalement faute de carburant. Ils courent le risque de mourir si les services de santé ne peuvent pas leur fournir des soins adéquats », a déclaré le représentant adjoint de l’UNICEF, Raoul de Torcy. 

En Haïti, le réseau électrique national est précaire, l’électricité va et vient et se fait rare dans de nombreuses régions du pays. Les pannes de courant sont fréquentes et longues, et la plupart des hôpitaux comptent sur des générateurs alimentés au carburant pour maintenir en vie les patients, en particulier les enfants et les femmes enceintes. 

La vie de 300 enfants, 45 femmes enceintes et 70 autres adultes dont des patients atteints de COVID-19 est en danger, car deux grands hôpitaux de la capitale haïtienne pourraient cesser de prodiguer des soins s’ils ne reçoivent pas de carburant immédiatement, ont rapporté samedi des médias locaux crédibles. 

Comme solution temporaire et d’urgence, l’UNICEF a obtenu un contrat avec un fournisseur local pour approvisionner les hôpitaux de la zone métropolitaine de Port-au-Prince avec 10 000 gallons de carburant, soit environ 37 850 litres. Cependant, en raison de l’insécurité, le fournisseur a finalement déclaré qu’il ne pouvait pas transporter le carburant vers la capitale haïtienne ou d’autres provinces, y compris le sud-ouest d’Haïti, où 12 200 personnes ont encore besoin de soins après avoir été blessées lors du tremblement de terre du 14 août. 

Bien que le carburant soit disponible aux terminaux de Port-au-Prince, son transport à travers le pays est devenu plus difficile car de nombreux camionneurs ne veulent pas conduire sur les routes traversant des zones contrôlées par des gangs de peur d’être détournés et leurs camions kidnappés. 

« Aucun enfant ne devrait mourir d’une panne de courant. Il est frustrant de voir à quel point le risque accru d’enlèvement et de pillage en Haïti met en danger la vie des bébés et des mères, simplement parce que le carburant indispensable ne peut pas atteindre les hôpitaux en raison de l’insécurité croissante », a poursuivi De Torcy. 

Plus de 150 patients COVID-19 hospitalisés nécessitant des soins urgents sont particulièrement exposés car, sans carburant pour faire fonctionner les groupes électrogènes, ils ne peuvent pas recevoir d’oxygène dans les hôpitaux qui ne sont pas équipés de panneaux solaires. Au 19 octobre, 23 619 cas de COVID-19 et 662 décès ont été signalés en Haïti. 

 L’UNICEF soutient le ministère de la Santé en fournissant aux hôpitaux du carburant et de l’oxygène lorsqu’ils en ont besoin, et a installé plus de 900 réfrigérateurs solaires dans les établissements de santé pour maintenir les vaccins à la bonne température. Mais les panneaux solaires installés ne peuvent pas prendre en charge tous les services d’urgence hospitaliers. 

L’insécurité et la crise du carburant ont également affecté les opérations humanitaires, car le transport des fournitures d’urgence est devenu plus cher et les délais de livraison sont beaucoup plus longs. L’agence d’eau potable et d’assainissement d’Haïti, la DINEPA, est incapable d’utiliser sa capacité de pompage à son niveau optimal, ce qui a réduit l’approvisionnement en eau des maisons, des écoles et des institutions sanitaires. 

L’UNICEF exhorte toutes les parties prenantes à s’abstenir d’utiliser la violence pour répandre l’insécurité et la peur et mettre en danger la vie des femmes et des enfants, y compris ceux qui demandent des soins dans les établissements de santé. L’UNICEF appelle le gouvernement d’Haïti à prendre des mesures pour rétablir la sécurité et permettre un accès illimité aux services de base. 

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Ravensley Boisrond
Journaliste, Amateur de littérature et de la photographie, grand passionné du multimédia