La réouverture des classes, une équation compliquée pour le gouvernement !

Marie-Alla Clerville
Marie-Alla Clerville
la réouverture des classes, une équation compliquée pour le gouvernement !

La rentrée scolaire qui devait avoir lieu le 5 septembre 2022 a été reportée pour le 3 octobre. Malgré tout, les portes des écoles restent encore fermées. Bien qu’une réouverture ait été annoncée, « Tipa tipa » , par le ministre de l’Éducation nationale et de la formation professionnelle, Nesmy Manigat, aucune école n’arrive pas à fonctionner. L’école devient un jeu de “tolalito ”, un “cache-cache libin” pour les dirigeants.

Depuis la dernière décision du gouvernement visant à enlever la subvention sur les produits pétroliers, le pays est pratiquement invivable. La population connaît des moments très sombres ponctués de vagues de protestation causant plusieurs scènes de pillage et la fermeture de beaucoup d’entreprises. La rentrée scolaire a été reportée pour le 3 octobre vu que les parents n’étaient pas encore prêts pour envoyer leurs enfants à l’école, estimait le ministre de l’Éducation nationale. Or, plus d’un mois après, les activités commerciales sont presque, pour ne pas dire totalement, paralysées et le chômage ne cesse de gagner en proportion. Que vont donc faire ces parents pour parvenir à préparer le retour des classes ?

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La réouverture de l’école, « Tipa tipa », dont parlait le ministre de l’éducation semble ne plus tenir, personne n’en parle. Au contraire, ce qui préoccupe le gouvernement pour l’instant, c’est l’attente des bottes étrangères sur le terrain afin d’apporter une solution à cette crise pluridimensionnelle qui ne cesse de ronger le pays. Comme si la présence d’une force étrangère suffisait à remédier à la situation. Une telle décision prouve l’incapacité du gouvernement en place à diriger le pays.

Le pays va de mal en pire, les gangs rivaux continuent de s’affronter un peu partout dans les quartiers populaires de la capitale haïtienne. Ces derniers jours, presque sur tout le territoire, on retrouve des groupes armés qui terrorisent la population mettant ainsi certaines personnes dans l’incapacité de vaquer à leurs occupations. Le coût de la vie grimpe à pas géants, en ce sens les produits de première nécessité deviennent du luxe pour les couches les plus défavorisées.

Avec une rentrée aussi tardive des apprenants à l’école, c’est l’échec assuré. Car moins de temps en salle de classe ne va sûrement pas permettre de boucler le programme qui en réclamait déjà davantage.

La détérioration du climat sécuritaire et la crise humanitaire aiguë que connaît le pays produisent de nombreuses frustrations chez les écoliers et les jeunes étudiants haïtiens qui continuent à être en retard dans leurs cycles d’étude. Que font le responsable de la primature et le ministre de l’éducation pour assurer la reprise des activités académiques ?

Cette question est loin d’être banale, car le gouvernement en place est sur le point de perdre le contrôle de tout. Son seul recours reste l’appel au secours aux étrangers pour venir changer la situation. L’État n’a aucun contrôle sur le système éducatif et ne peut même pas garantir une rentrée des classes en toute quiétude. Jusqu’à présent, le moindre “pas” n’ait été fait dans la réouverture « Tipa tipa » proposée par le ministre Nesmy Manigat. Peut-on attendre encore et espérer l’arrivée de l’école « Tipa tipa » qui semblerait être reportée pour 2023 ?

 

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Marie-Alla Clerville, communicatrice sociale, rédactrice, designer, webdesigner et hôtelière. Passionnée de l’entrepreneuriat et de la technologie.