SANTÉ

Le congé menstruel, on en parle ? 

Image : Sante Magazine
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Tout comme l’avortement, le congé menstruel (période pendant laquelle une personne qui souffre de règles douloureuses peut prendre un ou plusieurs jours de congés, payés ou non), est un sujet traité différemment dans chaque pays. Bien que la menstruation ne soit pas une maladie en elle-même, mais la dysménorrhée (douleurs des règles) qui en découle peut causer une incapacité à travailler pour la femme. 

Crampes abdominales et vaginales, seins douloureux, nausées, douleurs dorsales, migraines, vomissements etc… le lot de 70 à 80% des femmes chaque mois, à cause des règles. Avec tout ça, il est clair qu’il est impossible pour elles de travailler. Si certains pays accordent un congé dans ces cas, d’autres, n’ont même pas de loi régulant la question. 

Récemment, “Louis”, une entreprise française spécialisée dans la fabrication et la conception de mobilier de bureau personnalisable, à instaurer le congé menstruel pour ses employées qui souffrent de règles douloureuses, sans perte de salaire. 

La décision a été prise l’année dernière lors d’une réunion d’équipe organisée régulièrement. Elle a été mise en vigueur le 8 mars dernier, à l’occasion de la journée mondiale de lutte pour les droits de la femme.  

“La question a été posée et le projet a été construit en ce début d’année afin qu’il soit accepté par tout le monde. Nous avons donc créé une charte de consentement” explique Thomas Devineaux,  PDG et fondateur de l’entreprise, très engagé pour l’égalité homme-femme. 

“Cela s’inscrit dans la continuité de nos engagements et de nos valeurs. 45 % de l’équipe de production sont des femmes et l’impact des règles douloureuses sur un travail physique peut être important. “a-t-il poursuivi. 

Les employées à règles douloureuses disposent d’un jour de congé ou d’une journée de télétravail supplémentaire utilisable chaque mois. 

Basé sur la confiance, ce système sera testé pendant un an avant de faire un bilan et d’évaluer le nombre de jours réellement posés, le ressenti des équipes et l’impact sur le rythme de production. 

Depuis la médiatisation de cette démarche, Thomas Devineaux explique que plusieurs entreprises l’ont contacté en vue d’obtenir des conseils sur la mise en place du congé menstruel dans les entreprises en France, où aucune loi n’est encore votée à ce sujet. Il n’y a que quelques entreprises qui l’accordent aux employées.  

L’Espagne examine actuellement un projet de loi qui, si elle est appliquée, pourra accorder aux femmes un congé en cas de règles douloureuses, et fera de l’Espagne le premier pays Européen à instaurer un tel congé. Ce projet fait partie d’une loi plus large pour la protection des droits sexuels et reproductifs et la garantie de l’interruption volontaire de grossesse, qui devrait également renforcer l’accès à l’avortement.  

Le texte prévoit 3 jours de congé maladie par mois avec possibilité de l’étendre jusqu’au 5 jours.  

“Il est important de clarifier ce qu’est une menstruation douloureuse. Nous ne parlons pas d’inconfort léger, mais de symptômes graves tels que diarrhée, maux de tête sévères ou fièvre. Si quelqu’un a une maladie avec de tels symptômes, un handicap temporaire lui est accordé. Il devrait en être de même pour les menstruations.” a jugé Angela Rodriguez, secrétaire d’État espagnole à l’Égalité, dans le média El Periodico.  

Cette décision est prise à l’initiative de la ministre de gauche de l’Egalité Espagnol Irene Moreno et devrait être discuté mardi prochain en conseil des ministres. 

Le texte de loi se penchera également sur la santé menstruelle, précisant que les stéréotypes et mythes sur les menstruations qui existent encore et qui compliquent la vie des femmes, seront combattus et pour cela, plusieurs autres propositions seront débattues comme la suppression de la TVA pour certains articles d’hygiène féminine, la gratuité des protections périodiques dans les centres de réinsertion, les prisons et, à plus long terme, toutes les instances publiques. Ces produits seront livrés à celles qui en ont besoin sans aucune médiation. 

D’autres pays comme le Japon, la Corée du Sud, Zambie ou encore l’Indonésie ont des lois qui accordent aux femmes des congés menstruels. 

Bien que chez nous en Haïti il n’y a pas de loi sur le congé menstruel mais il y en a qui protègent la situation des femmes dans le milieu du travail. Selon Maître Franso Jean, si la menstruation peut causer une incapacité temporaire de travail, la femme pourrait demander un congé maladie. 

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Sam Sarah Devilus
Journaliste / Communicatrice / Bookstagrameuse.