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Ruby Nell Bridges, première écolière noire à intégrer un établissement réservé aux blancs 

Crédit Photo : TheFamousPeople

Ruby Bridges Hall, née, Ruby Nell Bridges, est une militante afro-américaine, qui a marqué l’histoire américaine. Elle est connue pour être la première écolière noire à intégrer un établissement réservé aux blancs en 1960, aux Etats-Unis. Elle devient aujourd’hui porte-parole de sa fondation, elle plaide auprès des enfants, et au forum mondial Normandie pour la Paix, en faveur de la tolérance et du respect des différences. 

L’afro-américaine Ruby Bridges, a vu le jour le 8 septembre 1954 à Tylertown (Mississippi), elle est la fille d’Abon et de Lucille Bridges. Elle a intégré l’école, suite à l’appel formulé par l’Association nationale pour la promotion des gens de couleur (NAACP), adressé aux parents afro-américains afin de laisser leurs enfants intégrer le nouveau système scolaire mis en place à la Nouvelle-Orléans. Ainsi, elle devient la première enfant noire à franchir les portes de l’école élémentaire à la Nouvelle-Orléans, et la première enfant afro-américaine à fréquenter une école réservée aux blancs. 

Le contexte américain d’alors, fut marqué par des manifestations des parents blancs, devant les locaux des établissements scolaires. Ainsi, le 14 novembre 1960, la petite Ruby fut accueillie au seuil de l’école par les huées d’une foule raciste. “Ma mère m’avait prévenue qu’il pourrait y avoir beaucoup de gens, mais je ne comprenais pas que j’étais la cause de leur colère.” C’est ainsi que, les officiers de police locaux et de l’Etat, ayant refusé de la protéger, elle fut escortée par des agents fédéraux pour la protéger des manifestants, qui la menaçaient de mort. 

Une fois arrivée à l’école, ce fut un calvaire pour Ruby. Des parents blancs entrèrent aussi, mais sortirent leurs enfants de l’établissement. Tous les enseignants, à l’exception d’une professeure blanche, refusèrent également de dispenser des cours s’il y avait une enfant noire dans l’école. Seule Barbara Henry, originaire de Boston, au Massachusetts, accepta de dispenser des cours à Ruby. Pendant un an, Mme Henry enseigna donc uniquement à Ruby, comme si elle enseignait à toute une classe. Les parents de la petite fille payaient cash la maîtresse jusqu’à ce que son père perde son emploi et grands-parents sont renvoyés de leurs terres. 

Ruby explique que sa maîtresse est devenue pour elle une mère et elle a appris auprès d’elle à ne juger personne à la couleur de sa peau. C’est grâce à elle qu’elle ne voit pas le monde à travers le prisme de la race. 

Ruby Bridges est entrée en CP et également dans l’histoire, en étant la seule à réussir les tests d’admissions très relevés donnés aux enfants noirs. Une fierté qui l’accompagnera toute sa vie. 

Plus tard, la scène fut immortalisée par un peintre, Norman Rockwell dans son tableau ‘The problem we have live with’ qui fera la Une du magazine Live en janvier 1964. On y voit Ruby et ses gardes du corps longeant un mur sur lequel a été tracé le mot « nigger » (nègre en français). 

Credits image : “The Problem We All Live With” by Norman Rockwell (1894-1978). Oil on canvas, 1963. Norman Rockwell Museum in Stockbridge, Massachusetts

Lors d’une interview accordée aux médias français Ruby Bridges, s’est exprimée ainsi “On m’a appelé l’enfant icône des droits civiques. Je dis souvent que ce qui m’a protégée, c’était l’innocence de l’enfance, il n’y a pas de racisme inné, ce sont les adultes qui le deviennent,” a expliqué l’afro-américaine Ruby Bridges face aux caméras de France Télévisions. 

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C’est pourquoi, devenue adulte, Ruby Bridges a choisi de travailler avec les enfants, en vue de leur raconter inlassablement son histoire, pour qu’aucun enfant ne subisse la haine et le racisme. 

En 1999, elle a créé la Ruby Bridges Foundation, qui œuvre auprès des jeunes pour promouvoir “les valeurs de la tolérance, du respect et de l’appréciation des différences”. Décrivant la mission de cette association, elle dit : “Le racisme est une maladie d’adulte et nous devons cesser d’utiliser nos enfants pour la propager.” 

Crédit Photo : TheFamousPeople

De plus, le 27 octobre 2006, la municipalité d’Alameda, en Californie, a ouvert une école élémentaire portant le nom de Ruby Bridges et a fait une déclaration en son honneur. 

Il faut souligner qu’aujourd’hui, l’école élémentaire William-Frantz n’accueille plus que des enfants noirs, et dans certains Etats d’Amérique « des enfants manifestent pour avoir le droit d’aller à l’école sans crainte qu’on leur tire dessus ». Les combats à mener sont nombreux encore. Ruby Bridges, dernière héroïne de la lutte pour des droits des Afro-Américains, transmet le témoin. 

Dans une intervention au forum mondial Normandie pour la Paix, elle rencontre des écoliers caennais. « Ce sont nos enfants qui vont changer le monde », conclut-elle. 

En effet, elle a été reçue par le président Obama à la Maison-Blanche, le 15 juillet 2011, qui lui montre le tableau de Norman Rockwell la représentant, accroché dans un des couloirs proches du Bureau ovale et pour lui dire que, sans elle, il ne serait pas devenu président. 

Ruby Bridges est une fierté qui l’accompagnera toute sa vie, car jusqu’à date, son histoire est adaptée au cinéma, mais aussi décrite dans des romans ainsi que dans des œuvres de peinture. 

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Annelie Noel
Originaire de Port-au-Prince. Diplômée en communication et en hôtellerie. Elle est une journaliste motivée, attentive, dynamique et rigoureuse. Elle s'accroche beaucoup à son métier de journaliste.