Le féminicide un fléau très répandu en Haïti 

Annelie Noel
Annelie Noel
source uimage : Ayiti Today
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Le féminicide est un phénomène par lequel des partenaires ou des ex-partenaires commettent entre autres, des homicides à l’encontre des femmes, dont l’objectif est d’asseoir sur elles une domination en raison de leur féminité. Elle est inacceptable et intolérable dans une société démocratique selon le Ministère a la Condition Féminine et aux Droits des Femmes (MCFDF). 

Depuis quelques années, le féminicide est très répandu en Haïti. Ainsi, l’année 2021, a connu une très grande augmentation des cas de féminicide. Au moins 10 cas ont été recensés. 

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Les femmes sont souvent victimes de féminicide de leur conjoint ou autres personnalités soit par jalousie ou méchanceté. Pour les relations amoureuses, nombreuses sont celles qui, par peur ne veulent pas les briser, malgré les violences physiques, verbales répétées qu’elles subissent elles restent quand même dans ces relations jusqu’à être victimes de féminicide.  

L’encadrement et l’éducation qu’elles devraient recevoir de très tôt, fort souvent ne sont pas adéquates. Prenons le cas des femmes ayant une foi religieuse, qui, généralement une fois mariée, n’optent pas pour le divorce. Certaines d’entre elles croient que l’union avec leur conjoint c’est pour la vie. Donc, elles doivent rester dans la relation. Une situation qui suscite le questionnement de plus d’un, les opinions divergent. 

L’artiste et militante féministe Kémissa Trécile, est très impliquée dans la lutte pour les droits de la femme. C’est ainsi que le 8 mars 2019, à l’occasion de la journée mondiale des droits de la femme elle a lancé sa propre plateforme “Attention je connais mes doigts “pour promouvoir la sensibilisation des droits de la femme et de lutter contre les abus et les violences faites à leur égard.  

Dans une interview accordée à la rédaction de NAK Media, Kemissa s’est prononcée sur la problématique du féminicide en Haïti. Selon elle, “le féminicide est un meurtre de femmes ou de filles directement liée au fait qu’elles sont des femmes. Les femmes sont stigmatisées et subissent des violences parce qu’elles sont des femmes,” a-t-elle précisé. 

Ce fléau a de grands impacts sur la société haïtienne, car les femmes constituent une catégorie très vulnérable face aux crises sociales, politiques, économiques, même parfois sanitaires, sécuritaire, les violences domestiques, les crises liées aux changements climatiques telles que les tremblements de terre, les inondations, entre autres.  

En fait, Kemissa pense que l’éducation joue un rôle important à ce sujet, car, celle-ci permet de renverser les mentalités à tous les niveaux. C’est elle qui va permettre à la femme de savoir qu’elle doit déposer une plainte. Bien que souvent la personne qui reçoit la plainte banalise la situation. De plus, de savoir quelles sont les étapes à suivre lorsqu’une femme est victime de violences ? Aller faire un certificat médical entre autres. ” Il y a autant d’actions à poser qui ont tout leur sens même si on n’arrive pas vraiment à des actions tout à fait concrètes pour arriver vers cette lutte contre le féminicide”, a-t-elle confié.  

Par ailleurs, la société pénalise la femme qui quitte son foyer à cause des enfants ou autres raisons. Ces femmes victimes de violences physiques portent plaintes, assez souvent les suivis juridiques ne sont pas faits. De même, les conditions précaires dans lesquelles elles vivent, les viols dont elles font l’objet dans les camps de concentration lors des catastrophes naturelles, tous ses problèmes empêchent de faire vraiment une prévision du phénomène de féminicide. 

Pour pallier à ses dérives, l ‘activiste et féministe Kemissa organise une campagne de sensibilisation pour encourager l’autonomisation et l’émancipation des femmes pour les encourager à se lancer de façon entrepreneuriale pour sortir de leur situation précaire. De plus, elle organise des conférences et travaille de concert avec d’autres associations de femmes comme Nègès Mawon, et autres, spécialement lors de la journée internationale des droits de la femme, et de la journée mondiale des violences faites aux femmes.  

“Ce n’est pas vraiment une campagne directement liée au féminicide mais vraiment en amour pour permettre à des femmes de devenir plus indépendantes plus émancipées.” “La campagne Attention je connais mes doigts ” consiste à rappeler aux jeunes filles qu’elles ont de multiples talents, des atouts et des droits au sein de la société haïtienne”, a fait savoir Mme Trécile. 

Toutefois, elle les appelle à insister sur le consentement ” Non c’est non” et le plus que possible lorsqu’elles subissent des violences physiques ou verbales de ne pas accepter la situation bien que c’est difficile, car, la majorité des fois, ça fait très mal et conduit au féminicide. En effet, Kémissa invite les femmes à prendre en main leur destin pour sortir de cette situation. 

Notons que selon les chiffres du MCFDF, plus de 60 cas ont été enregistrés de 2018 à 2021. À quand la fin de ce fléau ?

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Posté par Annelie Noel
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Originaire de Port-au-Prince. Diplômée en communication et en hôtellerie. Elle est une journaliste motivée, attentive, dynamique et rigoureuse. Elle s'accroche beaucoup à son métier de journaliste.