CULTURE

Que représente le vaudou dans la culture haïtienne ? 

source image : Kafou Pam

Sorcellerie malfaisante, pratiques guérisseuses, religion, le vaudou considéré comme l’âme de la culture du peuple haïtien et de certaines contrées africaines, valse entre deux perceptions diamétralement opposées. En dépit de la perception figée de certains chrétiens (protestants), pour les spécialistes qui regardent le phénomène de plus près et les adaptes, le vaudou garde une place prépondérante dans l’âme de la culture haïtienne. 

Pendant longtemps le vaudou a été mal vu, et considéré comme de mèche avec les pratiques de sorcelleries. Devenu une religion, le vaudou haïtien est en proie à des perceptions dévalorisantes, qui le résument à la sorcellerie. Alors qu’il soit impossible de parler d’Haïti sans évoquer le Vaudou, qui réunit un ensemble des dieux et des forces invisibles dont les hommes vénèrent la puissance ou la bienveillance. Profondément ancré dans l’âme haïtienne, le Vaudou est pratiqué par des millions d’adeptes dans le monde. 

Pratiques de dévotion, de piété. Pratiques religieuses. 

Le peuple haïtien a son propre univers spirituel et culturel. Le vaudou tant diabolisé, rend un culte aux esprits qu’on appelle les loas (lwa), dieux invisibles, dotés de pouvoirs surnaturels, d’un nom et d’une vertu. On entend souvent Erzulie Dantor, Erzulie Freda, Bawon Samdi, pour citer que ceux-là, ce sont en effet des noms de Loa relatifs aux principaux rites du vaudou décrit dans le livre de Mercedes Guignard dit Déita « La Légende des Loa du Vodou Haïtien » qui est un voyage à travers les péristyles du pays et des rencontres avec des prêtres et prêtresses vaudou, une expérience qui recèle un lambeau de l’histoire particulière des loas, faite de chansons et de vertus. 

Les Loas (lwa) sont nombreux, chacun à une chanson spéciale pour l’interpeller. Les prêtres ou prêtresses vaudou (Houngan, mambo) sont chevauchés par leurs esprits qui prennent possession de leur corps pour prendre contact avec le monde vivant. 

Dans une synchronisation culturelle constante entre l’être haïtien et le monde occulte, les  

Cérémonies se réalisent dans les péristyles, les temples vaudou, dans une ambiance festive pour célébrer, fêter les lwa, figures dominantes du vaudou. 

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Papa Legba, ouvri bayé pou moin… ” (“Papa Legba, ouvre-moi la barrière…”) une parcelle de la chanson qui évoque Papa legba, gardien de la frontière entre le monde des humains et le monde surnaturel. À l’instar de tous les lwa, Papa legba est un nom attribué à cet esprit gardien.  

Le vaudou, une identité haïtienne foulée au pied sur le sol Haïtien 

Si on prête une attention particulière aux prêches de certains chrétiens (protestants), la diabolisation du vaudou rayonne fort dans le leur discours, sans scrupules, ils le résument aux pratiques maléfiques ou sortilèges malfaisants. Néanmoins, de même que les grandes figures incarnant l’indépendance de notre race, le vaudou a aussi une place importante dans la construction de l’identité haïtienne.  

Se défaire de ces idées figées sur notre identité foulée au pied, que ce soit par la perception de certains chrétiens ou d’une classe sociale, tel est la préoccupation de certains spécialistes de la question. Comme le décrit l’anthropologue Jean Coulanges, secrétaire général (directeur général) de la commission nationale de coopération avec l’Unesco qui a rigoureusement défendu et qui défend encore les valeurs culturelles du vaudou bannies, diabolisées par « l’establishment religieux et les gens de la haute bourgeoisie », dit-il, en leur qualifiant d’hypocrites, il souligne aussi que ces derniers sont des pratiquants secrets.  

Sacré, le vaudou est une tradition, une musique folklorique, un chant et l’un des rares cultes a inspiré la libération de tout un peuple du joug colonial.  

Dans l’extrait du livre de Déita (Mercedes Guignard), il est écrit : « Le peuple haïtien, comme tous les peuples de la terre, a son propre univers spirituel, peuplé d’entités dont l’essence ne se laisse pas connaitre avec autant de facilité que les réalités matérielles. » peut-on lire, dans ce beau voyage des lieux mystique du pays. L’auteur porte à la connaissance de tous : les chants, les vévés , dessins rituelsse, les figures représentatives de chaque lwa. 

Rappelons-le, le vaudou a été présent dans la nuit du 14 août 1791, au Bois-Caïman. Date marquante dans l’histoire de notre patrie. Par cette cérémonie, nos ancêtres ont imprégné l’invulnérabilité des esprits et quelques jours plus tard, soit dans la nuit du 22 août, une grande révolte a eu lieu. Des sucreries et caféières ont été parties en fumée y compris des blancs. Par cette cérémonie, Boukman (prêtre vaudou) a ouvert une voie à la révolte qui été exploitée par les ancêtres. 

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